Palais de justice de Chicoutimi.

En prison pour avoir touché la vulve d'une ado

Le Saguenéen Steeve Rodgers a pris le chemin de la prison pour une période de deux ans moins un jour pour avoir abusé sexuellement d’une adolescente.

La juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec, a accepté la suggestion commune de Me Michaël Bourget, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et de Me Jean-Marc Fradette, qui a agi comme ami de la Cour dans ce dossier.

Le dossier de Rodgers remonte déjà à quelques années. L’individu de 44 ans a multiplié les démarches pour repousser les dates de représentations sur sentence. Pas plus tard que la semaine dernière, il avait refusé l’offre discutée entre les procureurs, ce qui a amené la juge Rouleau à demander l’intervention du criminaliste Fradette, car l’accusé se retrouvait sans avocat.

Rodgers a été reconnu coupable d’avoir touché la vulve de la jeune fille à quatre occasions. Il avait été reconnu coupable d’agressions sexuelles en 1996 et 1997 et de voies de fait causant des lésions en 1999. Il avait une peine de 16 mois de détention.

Au moment de prononcer la peine, la juge n’a pas été très tendre envers l’accusé. Elle lui a reproché les nombreux délais et les multiples remises au dossier (28 apparitions au tribunal).

« Vous avez une conscience élastique. Vous avez un comportement négligent. Vous avez agi pour votre satisfaction personnelle sans vous soucier des autres. Le reste a peu d’importance. Il n’y a aucun facteur atténuant dans votre dossier. Rien ne me démontre qu’il y a un début de réhabilitation », lance la juge Rouleau. 

« Vous avez tout fait pour retarder votre dossier. La victime a de la misère en grande partie en raison de ce qu’elle a vécu. J’espère que vous allez profiter de votre période d’incarcération pour faire le bilan de votre vie », a poursuivi la juge. 

Jeudi, au moment du prononcé de la sentence, la victime n’était pas présente pour la détermination de la peine. Elle avait pourtant été là à six autres occasions auparavant. 

Mais la dernière remise a été la goutte qui a fait déborder le vase. Les responsables du centre jeunesse, où elle se trouve, ont d’abord voulu la protéger.

« La victime se trouve actuellement dans une phase suicidaire. Elle aurait voulu lire elle-même la déclaration de victime, mais les intervenants ont préféré la garder avec eux pour sa propre sécurité. Elle s’est désorganisée à la suite d’une autre remise de la cause », a précisé Me Bourget.

« Je trouve toute cette affaire difficile à vivre. J’ai de la difficulté à me trouver un amoureux, car j’ai peur de me faire toucher. J’ai perdu confiance en moi, car cet homme a mis ma vie en miettes. Je trouve ça dégueulasse ce qu’il m’a fait vivre », a écrit la jeune femme.

Attendre

Avant de prendre le chemin du bloc cellulaire, Rodgers s’est adressée à la juge Rouleau. Il avait une demande à lui faire.

« Est-ce que je pourrais retarder mon entrée en prison le temps que je puisse bien préparer ma famille. Ça n’avait pas été facile, ce fut même le bordel la dernière fois, lorsque je suis allé en prison la première fois », a-t-il demandé.

La juge Rouleau a refusé. Elle a précisé qu’elle ne pouvait pas parce que l’accusé a volontairement retardé les démarches, qu’il a changé d’avocat en cours de route et qu’il a omis de se présenter à la Cour à une reprise.

« Votre dernière remise a achevé la tolérance de la victime. Vous avez fait fi des ordonnances du tribunal dans le passé », a tranché la juge Rouleau.

La juge a dû lui demander s’il avait quelque chose à dire à la victime. Rodgers a indiqué qu’il regrettait et qu’il n’avait pas voulu que ça se rende jusque-là.

Rodgers ne pourra posséder d’armes pour 10 ans, devra être inscrit au registre des délinquants sexuels pour la balance de ses jours et devra fournir un échantillon d’ADN.