En colère devant le juge

« Vous violez mes droits depuis 10 ans ! Je suis sur le bord de péter ma coche. » Accusé d’avoir sauté à la gorge de son père et d’avoir rompu son engagement de garder la paix, Michael Dallaire s’est montré colérique au Palais de justice de Chicoutimi, mercredi, au point que des constables spéciaux et des agents du service de la détention supplémentaires ont été appelés en renfort.

La situation pouvait paraître risquée, alors que le détenu, plutôt costaud, jurait devant le juge, traitait le procureur de la Couronne de « mythomane », coupait la parole à son avocat et s’appuyait sur le rebord de la section fermée des détenus, comme s’il voulait en sortir, le visage crispé. Le trentenaire portait les menottes à sécurité maximale. Trois agents se trouvaient avec lui, ce qui ne l’empêchait pas de faire les 100 pas avec impatience. Trois constables spéciaux se sont rapprochés dans la salle d’audience.

Patient, le juge Richard P. Daoust, de la Chambre criminelle et pénale de la Cour du Québec, tentait tant bien que mal de ramener l’accusé à l’ordre. Pour les voies de fait et le non-respect d’engagement, Dallaire a écopé d’une peine de six mois de détention, dont il lui reste 128 jours à purger, et d’une probation de 18 mois. Celle-ci semblait particulièrement l’indisposer.

En 2015, Michael Dallaire avait été incarcéré pour avoir participé au vol d’un coffre-fort dans une résidence de Jonquière.

« Je ne veux rien savoir de la probation, laissez-moi en prison », a lancé l’homme aux nombreux antécédents criminels, qui criait que « la sécurité du public n’est pas compromise ».

Les choses ont commencé à se gâter très tôt, alors que Dallaire enregistrait ses plaidoyers de culpabilité en disant le faire « sous pression ». Inquiet que ce ne soit pas recevable, le juge a voulu en savoir plus.

« C’est n’importe quoi. J’ai hâte de régler et de câlicer mon camp », s’est exclamé Dallaire.

Trop d’émotions
L’accusé a passé son temps à s’énerver, puis à excuser son « écart de comportement » dû à son trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, pour ensuite recommencer, et parfois s’asseoir les larmes aux yeux. Il a prononcé des paroles trop crues pour les transcrire dans un journal. Ses parents, visiblement affectés, et d’autres proches étaient présents dans la salle.

Michael Dallaire estime avoir « pris le menton » de son père, et non lui avoir « sauté à la gorge », comme le fait a été relaté par Me Michael Bourget, représentant du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

« Je ne pouvais pas le frapper. Je ne peux pas toucher à mon père », a-t-il assuré.

Les événements reprochés se sont produits le 30 avril. L’accusé était dans un difficile processus de séparation avec la mère de ses enfants et a commencé à se montrer agressif, au point que son père a appelé la police. Le grand-père ne veut plus être en contact avec son fils tant qu’il consommera de la drogue, et désire se concentrer sur le bien-être de ses petits-enfants.

Dallaire a mal réagi à l’exposé des faits et s’est attaqué au procureur de la Couronne. « On s’approche de l’intimidation et d’une autre infraction », a averti ce dernier.

« Je connais le Code criminel par cœur et la Charte des droits et libertés de la personne. Je sais ce que je vis, c’est de l’hos[...] d’abus sale, s’est emporté Dallaire. On retient de fausses allégations contre moi. On m’empêche d’aller en thérapie. Le DPCP met beaucoup d’énergie à ruiner ma vie. »

L’individu prétend également avoir été arrêté illégalement, que ses dossiers ont été falsifiés et que des éléments de preuve ont disparu. Il dit d’un côté avoir besoin d’aide et « faire toutes les démarches pour sa réinsertion sociale », mais de l’autre, il refuse de voir les agents de probation.

Son avocat, Me Pierre Gagnon, admet avoir déjà représenté « des clients plus faciles ». D’autres chefs d’accusation ont été retirés.