Emmené de force pour témoigner

Un entrepreneur en construction s'est aperçu que la justice ne badine pas avec les règles. Témoin important dans une histoire de vol, l'homme a refusé de se présenter au tribunal malgré l'envoi d'un subpoena. Le juge n'a fait ni un ni deux et a émis un mandat d'arrestation.
L'histoire s'est déroulée mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi.
Le procureur de la Couronne, Me Michaël Bourget, était prêt à procéder dans le dossier d'un individu accusé d'avoir dérobé un BBQ, un système de son, des jantes, des pneus et un matelas dans un local d'entreposage.
Pour avancer, Me Bourget avait cependant besoin du témoignage de l'homme d'affaires. Il avait été témoin du vol des objets entreposés par l'un de ses employés et il avait lui-même porté plainte.
Mercredi, l'enquêteur au dossier, Kevin Boily, de la Sécurité publique de Saguenay (SPS), s'est aperçu que ce témoin important n'était pas présent. Il a communiqué avec lui pour l'aviser qu'il était attendu au Palais de justice afin de donner sa version des faits.
L'individu était hésitant, mais il n'a pas dit immédiatement qu'il ne se présenterait pas à l'édifice de la rue Racine.
Une heure plus tard, voyant que le témoin était toujours absent, M. Boily l'a appelé à nouveau. Cette fois, l'homme lui a dit qu'il ne se déplacerait pas pour témoigner et que, de toute façon, cela ne donnerait rien.
L'enquêteur l'a avisé qu'il pourrait faire l'objet d'un mandat d'arrestation s'il n'obéissait pas aux ordres du tribunal (subpoena). L'homme lui a raccroché au nez.
Me Bourget s'est présenté devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, pour lui exposer la situation et lui faire valoir que ce témoin est essentiel au procès.
Mandat d'arrêt
Le magistrat a ordonné l'émission d'un mandat d'arrêt immédiat, car le témoin refusait de faire face à ses responsabilités.
Les policiers de la SPS ont réussi à cueillir l'individu sur un chantier et l'ont amené rapidement au Palais de justice de Chicoutimi.
Au final, le juge Hudon a relâché le témoin sans retenir quoi que ce soit contre lui puisque le voleur a décidé de plaider coupable à un vol de moins de 5000$, à du recel et à des bris de conditions. Son témoignage n'était plus nécessaire. Le magistrat espère tout de même qu'il a retenu la leçon.
Quant au voleur, il a été condamné à 175 heures de travaux communautaires, à une probation et à rembourser un montant de 100$ à la victime. Il faut dire que l'individu n'en est pas à ses premiers dossiers criminels. Il a déjà fait 60 jours de prison pour divers dossiers.
La victime, quant à elle, n'a pu récupérer son système de son. Elle a retrouvé ses pneus, les jantes (vendus à 160$) et le BBQ (50$). Ceux qui avaient acheté les biens volés les ont remis aux policiers.
La dame a par contre renoncé à récupérer le matelas qui se trouvait au domicile du voleur. Elle ne voulait pas dormir dans un matelas qu'une autre personne avait utilisé.