Elle floue une dame âgée souffrant d'Alzheimer

Une femme de ménage de Saguenay devra effectuer 240 heures de travaux communautaires pour avoir floué de près de 9000 $ une dame âgée souffrant de la maladie d’Alzheimer.

La juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec, n’a pas retenu la suggestion de Me Sébastien Vallée, de la Couronne, de réclamer une peine de 90 jours de détention et des travaux communautaires contre l’accusée, mais a plutôt penché uniquement vers les travaux communautaires demandés par la défense. 

Me Jean-Marc Fradette, en défense, avait songé à une absolution afin d’éviter à sa cliente de perdre ses contrats d’entretien ménager. 

Le criminaliste s’est toutefois ravisé en raison du nombre de transactions frauduleuses et surtout en raison du geste « honteux et abject » commis par sa cliente.

L’accusée dans cette affaire effectue le ménage dans des résidences privées. Elle le faisait chez sa victime, qu’elle connaissait aussi très bien.

Comme les deux femmes étaient assez proches l’une de l’autre, la victime en est venue à demander à la femme de ménage de lui faire de petites commissions. La femme de ménage est devenue une aidante naturelle. 

Régulièrement, elle utilisait la carte de débit de la vieille dame pour l’aider dans ses commissions. Mais entre le 1er juillet 2015 et le mois de mai 2016, l’accusée a effectué des retraits pour son bien-être personnel. Cela s’est reproduit à une trentaine d’occasions.

Avant que les membres de la famille de la vieille dame ne s’aperçoivent de la situation, l’accusée avait dérobé 8475,18 $.

« Lorsque l’affaire a éclaté, ma cliente est allée voir elle-même les policiers pour se dénoncer afin d’éviter qu’une longue enquête soit entreprise. Elle a admis ses torts. Et il y a eu un remboursement à la victime de la somme totale », a expliqué Me Fradette.

« Ma cliente a vécu une période de désorganisation. Elle ne comprend pas ce qu’elle a pu faire, surtout qu’elle n’avait et n’a pas besoin d’argent. Elle cherche à comprendre ce qui l’a poussée à agir ainsi. Elle suit une thérapie, à ses frais, pour faire la lumière sur tout ça », a précisé le criminaliste.

D’ailleurs, la dame a mentionné qu’elle regrettait ce qu’elle avait fait, d’autant plus qu’elle connaît personnellement les membres de la famille de la victime. 

Ceux-ci lui ont pardonné, mais ne sont pas prêts à la côtoyer pour autant.

« Je crois que vos remords sont sincères. Je ne pense pas que la détention soit nécessaire pour satisfaire les critères de dissuasion. Vous devrez donc faire 240 heures de travaux communautaires », a conclu la juge Rouleau.