Me Jean-Claude Girard, procureur de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, et Geneviève Gilbert mènent l’interrogatoire dans le dossier de harcèlement psychologique contre Chantale Cyr.

École Au Millénaire: Chantale Cyr n’était pas au courant des appels d'offres

L’ex-directrice générale de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS), Chantale Cyr, n’était pas au courant des appels d’offres de l’organisation pour la simple raison que ce n’était pas elle qui gérait ces dossiers.

À la quatrième journée des procédures de plaintes pour harcèlement psychologique, devant le juge du Tribunal administratif du travail du Québec, Guy Roy, Mme Cyr a répondu aux questions de Me Jean-Claude Girard, procureur de la CSRS.

Durant tout l’avant-midi, les questions ont tourné autour du projet du Millénaire, à La Baie, sur les coûts de cette école moderne et sur les façons de faire de celle qui occupait le poste de directrice générale.

Me Girard a été très clair dès le départ en indiquant au juge qu’il voulait démontrer que le projet du Millénaire était un véritable « bar ouvert » pour les dépenses et qu’il a été mené sans aucune planification de la part de l’ex-directrice générale et que celle-ci a voulu imposer ses propres décisions.

« Je veux démontrer que des achats ont été faits, mais qu’ils n’étaient pas adaptés à la situation et que les coûts prévus de 400 000 $ se sont chiffrés à beaucoup plus que cela », a précisé le procureur de la commission scolaire.

Me Girard a plusieurs fois questionné la plaignante sur sa connaissance des dépenses reliées au projet et sur les achats effectués sans appel d’offres.

Même si Chantale Cyr est censée être au courant de tout ce qui se fait au sein de l’organisation, à titre de directrice générale, elle a de nombreuses fois répété que la gestion des appels d’offres relevait du directeur des ressources matérielles, Martin Deschênes.

« Je ne suis pas au courant si des appels d’offres ont été faits pour l’achat des serres pour l’école du Millénaire ni pour les tables en bois dans les classes, les chaises ballon ou les blocs Lego », a expliqué Mme Cyr.

« Cela relevait de la responsabilité de Martin Deschênes. Et à titre de directeur des ressources matérielles, il se devait de respecter les règles et la loi sur les appels d’offres. Lorsque cela est nécessaire, j’imagine qu’il a agi en conséquence », de noter la plaignante.

Mme Cyr n’est pas non plus au courant s’il y a eu du morcellement de factures afin d’éviter d’aller en appel d’offres, car cet aspect ne relevait pas d’elle.

Revenant sur les coûts et les travaux reliés au Millénaire, l’ex-directrice générale a précisé que ce projet a toujours été en évolution constante et qu’il était difficile de tout prévoir dès le départ.

« Il s’agissait d’un projet évolutif. Il arrivait que des éléments soient choisis pour les classes, alors que ça n’avait pas été prévu. Oui, nous avons dû solidifier le plafond d’une classe pour y installer les chaises ballon. »

« Il n’est pas vrai que je suis intervenue pour faire changer la couleur de la peinture sur un mur ou un recouvrement de sol », a conclu Chantale Cyr.

Les procédures devant le Tribunal du travail reprennent le 4 février pour trois journées. La preuve de la plaignante devrait être complétée, avant de céder la place à celle de la CSRS.