Du renfort pour les recherches

Des personnes bénévoles, sous la coordination d’Urgence sauvetage Québec, tenteront de retrouver, dès mercredi matin, Cédric Gouillart, l’homme de Laterrière disparu depuis samedi.

Michaël Desbiens, d’Urgence sauvetage Québec, a contacté la conjointe du disparu, mardi, pour lui annoncer qu’il met sur pied un groupe de chercheurs bénévoles pour ratisser le secteur, soit le sentier pédestre qui mène de Laterrière à Hébertville.

Véronique Mercier, conjointe de M. Gouillart, un employé civil de la Base militaire de Bagotville, souhaite que plusieurs personnes répondent à l’appel d’Urgence sauvetage Québec, notamment les militaires à qui elle a lancé un cri du cœur mardi matin.

Mme Mercier a raconté à Radio-Canada mardi avoir été contactée par Michaël Desbiens, qui lui a fait l’annonce. Elle invite tous les intéressés mercredi matin, à 7 h 30, au barrage du Portages-des-Roches, à Laterrière. C’est de là que s’amorcera la battue.

Mardi, dans la journée, après 48 heures de surveillance et de recherche, la Sécurité publique de Saguenay (SPS) a suspendu ses activités, afin d’analyser ce qui pourrait être fait de plus.

Le porte-parole aux communications, Bruno Cormier, y est allé de cette précision : « Nous venons de passer plus de deux jours à faire des recherches et on se doit de faire l’analyse de toutes les données amassées. Nous voulons nous assurer que nous n’avons pas oublié de secteurs dans nos recherches. »

« D’ailleurs, les recherches vont reprendre sous peu dans des secteurs plus éloignés », a-t-il poursuivi, apportant un peu de réconfort à la famille.

Cédric Gouillart est porté disparu depuis samedi.

La Base blâmée

Mardi, en matinée, à l’occasion d’une entrevue au Quotidien, Véronique Mercier Gouillart avait exprimé sa colère, ne pouvant comprendre la raison pour laquelle aucun intervenant de la Base militaire de Bagotville, l’employeur de son mari, ne vient en aide à la famille afin de le retrouver. Elle espérait que son appel à l’aide sera entendu, afin de trouver réponse à ses questions. 

Toujours selon Radio-Canada, les autorités de la Base l’auraient contactée plus tard dans la journée. Ils lui ont dit que des équipes avaient souhaité s’impliquer, mais que c’était impossible.

Trois jours se sont écoulés depuis que Cédric Gouillart a été vu pour la dernière fois. Des recherches sur le terrain effectuées par la Sûreté du Québec à proximité de la résidence n’ont rien donné. La famille est convaincue que le disparu se trouve plus loin. 

« Les recherches se terminent et nous, la famille, disait-elle, on reste sur notre faim, malgré le travail formidable des policiers. Ils ont suivi le protocole, même si les enfants et moi, on est convaincus qu’ils ne sont pas allés assez loin. »

Elle réclamait que des recherches soient effectuées plus loin de la maison. Son mari a quitté la résidence à pied, après une dispute familiale. Mais il a la forme pour parcourir des kilomètres sans difficulté. Ce qu’il avait fait la semaine dernière avec une idée funeste en tête. 

« À la fin de la semaine dernière, mon mari m’a téléphoné. Il a fait une tentative de mettre fin à ses jours. Il était à une heure de marche et 20 minutes de voiture de la maison. Ça nous mène exactement au sentier qui relie Hébertville et Laterrière. Est-ce qu’il est retourné là ? C’est facile pour lui d’y accéder », affirme celle qui partage sa vie avec lui depuis des années. 

Elle affirme que son mari souffre d’une problématique de santé mentale. « On est en panique, mais on ne tombe pas des nues. On a essayé de le soutenir », assure-t-elle, étouffant des sanglots. 

« On est persuadés que s’il a commis un geste de fin de vie, il s’est arrangé pour que ce ne soit ni ses enfants ni moi qui le trouvions », explique-t-elle, soulignant qu’un témoin a vu son mari se diriger vers les bois et non vers le cours d’eau situé près de la maison. 

« Ça fait des années Cédric que tu remplis de gaz des F18, des hélicos, des avions militaires de hautes pointes, que tu côtoies des militaires formidables, entraînés, forts, et que personne ne fera décoller ce putain d’hélicoptère avec caméra pour, au moins, essayer de te trouver. Que pas un seul militaire ne sera sur le terrain pour essayer de te trouver », a-t-elle écrit sur Facebook. 

« Mon conjoint côtoie des militaires cinq jours par semaine, 52 semaines par année. Je ne peux pas croire qu’il n’y a pas même un décideur capable d’envoyer des gars là-bas au lieu de s’entraîner. Qu’ils ne peuvent pas survoler cette zone. Ça fait 10 ans qu’il côtoie des pilotes. Les militaires sont engagés à servir notre pays, aider les citoyens et personne ne va lever le petit doigt ? On nous laisse démunis, déplorait-elle. Nous n’avons reçu aucun signe de la base militaire. Pas un appel téléphonique, ne serait-ce que pour nous envoyer une pensée positive. Honnêtement, je suis en colère. J’ai reçu des messages de gens que je ne connais pas et son employeur n’est pas capable de lever le petit doigt. Il est peut-être en détresse dans le bois. Chaque minute compte. On doit en tenir compte. »

Elle demande que les policiers et les militaires fassent fi des statistiques. « J’en ai plein mon casque des statistiques de merde qui disent que 80 % des gens qui veulent se foutre en l’air le font dans les 300 mètres autour de chez eux, parce que toi t’es hors-norme ! ! ! Et pis quoi le 20 % lui ? Qu’il crève, c’est ça ? ? ? Je suis persuadée au fond de moi, parce que c’est tout ce qui me reste comme espoir, qu’il y a un gars qui va parler à un gars qui connaît quelqu’un qui va se dire : ‘‘Hey les boys, hier c’était l’anniversaire de Cédric, vous savez celui qui full [fait le plein], peut être que sa famille a besoin d’aide’’. » avec Anne-Marie-Gravel et Stéphane Bégin