Elie Pearson

Du filet mignon pour son chien

Le Saguenéen Elie Pearson n'a pas de gros moyens financiers, mais il a tout de même été en mesure de goûter à du filet mignon et il a poussé l'audace jusqu'à en donner à son... chien. Il est envoyé au Centre Caroline-Roy, près de Lac-Mégantic, pour venir à bout de sa problématique de consommation de stupéfiants.
Ce n'est pas tous les jours que l'on voit ça au palais de justice. L'homme a obtenu une occasion de se reprendre en main et de cesser sa consommation de stupéfiants. Car son penchant pour le cannabis et les métamphétamines pourrait le mener en prison, lui qui a acheté un filet mignon volé le 25 octobre et qui a tenté de cacher sa drogue dans le local de sécurité d'un commerce le 30 novembre.
Elie Pearson, 39 ans, a plaidé coupable au recel d'un filet mignon de 64 $ en provenance du Bouvillon JAK, à un vol chez Canadian Tire et d'avoir été en possession de 2,83 grammes de cannabis et de 102 comprimés de méthamphétamine.
« M. Pearson a effectivement été arrêté chez lui en possession d'un morceau de filet mignon. Il l'avait racheté d'un individu pour une fraction du prix indiqué sur l'emballage. Il a dit aux policiers qu'il en avait mangé un bout et qu'il en avait donné un morceau à son chien », a expliqué Me Théorêt.
Les agents ont retrouvé le reste du filet mignon dans son emballage dans le réfrigérateur.
Puis, il a été arrêté le 30 novembre par les agents de sécurité du Canadian Tire au moment où il venait de commettre un vol.
Les agents l'ont installé dans le local de sécurité et sont allés appeler les policiers. Pendant ce temps, Pearson s'est débarrassé du cannabis et des comprimés de méthamphétamine qu'il avait en sa possession. Il a profité de l'absence de l'agent pour cacher le tout dans les tiroirs du bureau.
Ce qu'il ne savait pas, c'est que des caméras vidéo ont enregistré ses moindres gestes.
Dernière chance
Elie Pearson a enregistré des plaidoyers de culpabilité mardi dernier. Me Michael Bourget, de la Couronne, était prêt à l'envoyer directement en prison. 
L'individu, dont les intérêts sont représentés par Me Olivier Théorêt, de l'Aide juridique, a vu le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, lui accorder une dernière chance. 
Il accepte la recommandation de la défense de placer Pearson dans une thérapie fermée à la maison Caroline-Roy pour une durée de 14 semaines, à la condition de pouvoir s'y rendre. 
Le juge Boudreault a été attentif à la situation particulière de l'accusé.
Pearson possède une bonne feuille de route. Malgré tout, il a demandé de l'aide, sachant qu'il se trouvait en période de détresse.
« Avant de vous condamner, je crois qu'une thérapie serait une bonne chose. Je ne sais pas si ça va fonctionner, mais je pense que ça vaut le coup de vous donner une chance », a lancé le juge Boudreault.
« Si ça ne marche pas, il n'y aura qu'une seule personne à qui vous pourrez reprocher des choses, et c'est à vous-même », d'ajouter le magistrat.
Un rapport présentenciel a été demandé afin de voir l'intérêt de l'accusé à abandonner sa consommation de stupéfiants.
« Je suis positif. Je crois que ça peut fonctionner. C'est à vous de faire les efforts pour vous en sortir, sinon vous aurez donné les éléments à la Couronne et vous pourrez oublier votre logement (il pourrait plutôt aller en prison) », conclut le juge.