Drogue et médicaments au volant: une réhabilitation un peu tardive

La réhabilitation d’Alain Tremblay, un individu de la rue Smith à Chicoutimi, a été entreprise un tardivement pour éviter la détention ferme. En plaidant coupable à trois accusations de conduite avec les facultés affaiblies par les médicaments et la drogue, infractions commises en moins de 13 mois, il a été condamné à cinq mois de prison.

L’homme de 49 ans avait tout de même prévu la possibilité qu’il ne puisse purger sa sentence en collectivité, car il avait pris soin de traîner un sac à dos rempli de vêtements.

Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a dit comprendre la démarche entreprise par Tremblay, mais estime qu’il l’a faite un peu tard, qu’il aurait dû y voir bien avant, notamment après sa première infraction.

Les derniers malheurs judiciaires de Tremblay ont débuté le 27 avril 2017. L’homme a alors accroché un camion de la Brinks en tournant du mauvais côté de la rue. À leur arrivée, les patrouilleurs du Service de police de Saguenay (SPS) ont vu que ça n’allait pas, mais ne détectaient pas d’odeur d’alcool. 

Le client de Me Nicolas Gagnon a été amené au poste de police où un agent-évaluateur lui a fait subir des tests et il les a échoués.

Il a été remis en liberté en attente de se retrouver devant le tribunal.

Le 31 janvier 2018, même scénario, même résultats. Il est impliqué dans un accident de la route. Il a heurté un véhicule stationné. Encore une fois, pas d’alcool, mais l’homme est intoxiqué par les médicaments et la drogue

Et le 1er mai 2018, il se retrouve dans le fossé du boulevard Martel à Saint-Honoré. Même constat. La drogue et les médicaments lui ont fait perdre la carte. Il a été arrêté la journée même où il venait de comparaître pour sa faculté affaiblie du 31 janvier.

Enfance

Alain Tremblay ne cache pas que sa consommation de stupéfiants remonte au début de son adolescence, soit dès l’âge de 13 ans. Il a commencé avec du cannabis, mais est rapidement passé au LSD. Il a poursuivi sa consommation jusqu’aux deux dernières années.

« Je pouvais prendre de trois à quatre grammes de cannabis chaque jour. Je vis de l’aide sociale, mais comme j’ai une voiture, j’offrais des transports à des gens et ça me permettait d’avoir un peu plus d’argent », a-t-il raconté.

« J’ai commencé à prendre des médicaments au décès de mon grand frère. En vidant son appartement, j’ai découvert des médicaments et j’ai commencé à en prendre. La consommation s’est accentuée et ç’a dérapé au cours des dernières années », a-t-il poursuivi.

À la suite de son troisième accident en 13 mois, Alain Tremblay est allé au CLSC pour des rencontres, mais n’y est pas demeuré. Il a fait une thérapie fermée de trois mois, mais en a été expulsé cinq jours avant la fin à la suite d’un dépistage de drogue, qu’il nie toujours.

Il s’est rendu à des rencontres des Narcotiques anonymes, mais n’y est pas resté.

« Votre question est directe, mais il est vrai que je ne semble pas compléter ce que je commence. J’ai l’impression que j’ai toujours fui », a-t-il répondu à une question du magistrat.

Me Gagnon aurait souhaité une peine de cinq mois en société afin de ne pas anéantir les efforts faits par son client, alors que Nicolas Pinel, stagiaire au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), estime que les risques de récidive sont trop élevés et qu’il faut envoyer un message à la société pour un individu pris trois fois en 13 mois.

Le magistrat s’est rangé derrière la suggestion de la Couronne, précisant que les efforts de réhabilitation sont arrivés sur le tard, que l’homme aurait dû retenir la leçon il y a bien longtemps et que la récidive est possible

« Notre société veut se sentir en sécurité et protégée », a indiqué le juge Boudreault.

Alain Tremblay sera soumis à une probation de 18 mois, avec un suivi de 12 mois et une interdiction de conduire de trois années.