Des centaines de milliers de dollars sont manquants dans les coffres du Comité Forêt et Environnement et de la Coopérative de solidarité du Lac-à-Jim. La Sureté du Québec mène deux enquêtes reliées à des cas de fraude.

Deux organismes de Saint-Thomas-Didyme fraudés

La Sûreté du Québec, à travers sa division des enquêtes sur les crimes majeurs, a ouvert deux enquêtes reliées à des cas de fraude dans la municipalité de Saint-Thomas-Didyme, au Lac-Saint-Jean. Des centaines de milliers de dollars seraient manquants dans les coffres du Comité forêt et environnement et de la Coopérative de solidarité du Lac-à-Jim.

« Les deux dossiers pourraient être reliés. Personne n’a encore été arrêté. On continue de recueillir les informations », explique le porte-parole de la Sûreté du Québec, Hugues Beaulieu. 

Selon le maire Denis Tremblay, les deux plaintes pour fraudes formulées par les deux organismes visent une seule personne. Celle qui réside toujours dans la municipalité aurait eu un lien à forfait, qui n’existe plus, avec les organismes.

Des expertises comptables ont été réalisées, en juillet, pour la période de 2015 à 2018, à la suite d’un signalement effectué par un employé de la Caisse Desjardins quant à de possibles irrégularités. Selon ce qu’il a été permis d’apprendre, les réserves du Comité forêt et environnement étaient épuisées.

Le maire de la municipalité tient à se faire rassurant puisque les ragots se sont multipliés au cours des dernières semaines. « Pour rassurer les citoyens, jamais la municipalité n’a été impliquée. La municipalité est complètement indépendante de ces deux organismes qui sont à but non lucratif. Ils ont leur charte, ils n’ont pas de lien avec la municipalité. Le citoyen, le payeur de taxes, n’a pas à s’inquiéter. Aucune somme reliée à leur compte de taxes n’est manquante », assure M. Tremblay dans un entretien accordé au Quotidien, en matinée mercredi. 

Maire depuis 1993, il explique mal la situation. « Les vérifications comptables ne sont pas les mêmes que la municipalité. Avec des comités du genre, c’est trop dispendieux. C’est une bonne relation de confiance entre les partenaires. Tout le monde se connaît et se fait confiance. C’est un peu ce qui s’est produit dans cette affaire », raconte-t-il.

En plus des sommes disparues, des opérations comptables n’auraient pas été réalisées convenablement. Les déclarations de TPS et de TVQ seraient notamment en cause.

Le maire de Saint-Thomas-Didyme, Denis Tremblay, tient à se faire rassurant auprès de la population. La municipalité est indépendante de ces deux organismes reliés aux enquêtes de fraudes.

Lourdes conséquences

Même si aucune perte n’est directement reliée à la population, les dommages collatéraux se feront sentir pour ces organismes opérés, en grande partie, par des bénévoles. À travers ses opérations, le Comité forêt et environnement, qui existe depuis 23 ans, remet ses profits à d’autres organismes et projets de la municipalité. « Nos bénéfices de nos exploitations sont remis directement à des organismes à but non lucratif comme la Fabrique de la paroisse, la maison des jeunes, le terrain de jeux et les loisirs. Cela a également beaucoup aidé la Coopérative du Lac-à-Jim au fil des années », témoigne le maire qui est également le président du Comité forêt et environnement. Il est d’avis que les organismes qui ne sont pas admissibles à des subventions gouvernementales souffriront de ces fraudes pour encore quelques années. « On n’a plus d’argent à donner et on a des dettes à payer », affirme-t-il.

Celui qui est président du Comité forêt et environnement depuis une quinzaine d’années se désole de la situation. « Celle-là, j’aurais pu m’en passer, ça fait quand même plusieurs années qu’on est rentable. C’est un comité qui est facile à gérer. On ne quête par l’argent, c’est nous qui la donnons », ajoute-t-il. 

Afin de permettre la relance des opérations du Comité forêt et environnement, la municipalité de Saint-Thomas-Didyme lui a consenti un prêt de 75 000 $ avec intérêt sur six ans. 

Dernier mandat 

Celui qui en est à son dernier mandat à la mairie avait fait la promesse de laisser des comités en santé. « Je ne pensais jamais qu’une chose comme ça allait m’arriver en cours de dernier mandat. Si on pense rationnellement, c’est beaucoup d’argent, c’est décevant. Émotionnellement, ce sont des centaines de personnes qui ont travaillé des milliers d’heures bénévolement. Tout le monde a travaillé pour que ça reste debout », conclut-il.