L’agression est survenue le 3 février 2018, au Bar le Magic Night.

Deux ans pour un coup de couteau au Bar le Magic Night

Christopher Germain écope d’une peine de deux années de détention pour avoir asséné gratuitement un coup de couteau à la gorge d’un inconnu au Bar le Magic Night, de Chicoutimi.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a rendu la sentence de l’homme aux origines autochtones, jeudi après-midi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Me Sébastien Vallée, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), avait demandé une peine variant de trois à quatre années de pénitencier, alors que Me Luc Tourangeau, en défense, suggérait plutôt une détention de 18 mois.

À la peine globale de deux années, le juge a retranché l’équivalent de 256 jours de détention préventive, incluant les 57 jours passés dans deux thérapies que l’accusé n’a pas complétées.

Dans sa décision, le magistrat a tenu compte, comme l’enseigne la Cour suprême du Canada dans une décision remontant au 23 avril 1999, du rapport Gladue, qui mentionne que les tribunaux inférieurs doivent tenir compte des origines autochtones de l’accusé.

Le 3 février 2018, Germain, 25 ans, se trouve sous l’effet de l’alcool et des stupéfiants. Il est présent au Bar le Magic Night, lorsqu’il prend la décision, dans une altercation, de sortir un couteau et d’en asséner un coup à la gorge de sa victime.

« La victime a frôlé la mort. On a craint pour sa vie et la personne a dû être opérée d’urgence. Il semble qu’elle n’ait pas de conséquences physiques de cet acte, mais devra vivre avec cet épisode durant toute sa vie », a mentionné le juge Daoust.

« L’accusé possède quelques antécédents judiciaires en matière de voies de fait armées, de menaces et de bris. Son degré de violence ne cesse d’aller en augmentant », a convenu le juge.

Germain souffre de schizophrénie, a des problèmes de santé mentale, une intelligence limite et est dépendant du cannabis et des métamphétamines. Il a malgré tout été déclaré responsable de ses actes.

Célibataire, d’origine innue et n’ayant qu’un secondaire 3 à son actif, l’accusé a passé une partie de sa vie sous l’emprise de la violence familiale et de l’intimidation à l’école. Il n’a pas de contacts avec son père, très peu de communications avec sa mère et a été rejeté par son beau-père.

« Le rapport présentenciel est défavorable à l’accusé. Il a été violent avec ses codétenus, a eu un langage injurieux et ses démarches thérapeutiques ont échoué. Le risque de récidive est présent et on suggère un arrêt d’agir », indique le juge.

« Mais il faut savoir qu’il provient d’une famille dysfonctionnelle, précise le rapport Gladue. Les conclusions du rapport nous permettent de mieux comprendre l’accusé. Il a vécu et vit dans un climat malsain. On y suggère que la sentence puisse favoriser la réhabilitation », poursuit le magistrat.

Il va sans dire que le fait autochtone et le passé violent dans lequel l’accusé a vécu ne peuvent être occultés dans la décision finale.

Christopher Germain devra donc passer encore une année et 109 jours en détention. Il sera soumis à une probation de trois années, dont 18 mois avec un suivi. Il ne pourra posséder d’arme pour une période de 10 ans, devra fournir un échantillon d’ADN et ne pourra pas être en contact avec la victime.