Un homme de 59 ans a été condamné à deux ans de prison pour sa 8e conduite avec les facultés affaiblies.
Un homme de 59 ans a été condamné à deux ans de prison pour sa 8e conduite avec les facultés affaiblies.

Deux ans de prison pour huitième conduite avec les facultés affaiblies

« Les gens qui ont croisé la route de Roch Lavoie ont été chanceux. »

Le juge de la Cour du Québec Michel Boudreault a condamné le multirécidiviste de l’alcool au volant à deux ans de prison, en plus de lui interdire de conduire pour une période de 10 ans. Roch Lavoie, qui est âgé de 59 ans, avait plaidé coupable à une huitième accusation de conduite avec les facultés affaiblies, à l’été 2019.

Le quinquagénaire, qui est détenu depuis plusieurs mois déjà, avait été arrêté vers 23h, le 29 août 2019, à Chicoutimi. L’individu avait soufflé un taux de trois fois la limite d’alcool permise dans le sang et les agents avaient retrouvé une bouteille de gin et une grosse bière dans sa voiture. Il avait été intercepté puisqu’il conduisait de façon dangereuse, au milieu de la chaussée. C’était la huitième fois qu’il était arrêté ivre au volant.

Une première amende de 350 $ en 1991

La première condamnation de Roch Lavoie remonte à 1991, alors qu’il avait été épinglé en état d’ébriété au volant de son véhicule. À l’époque, il avait écopé d’une amende de 350 $. En 1994, il avait été arrêté de nouveau, toujours pour la même raison. Il avait écopé de 700 $ d’amende. L’année suivante, en 1995, il avait été arrêté une troisième fois et avait écopé de deux amendes de 500 $ et de 300 $.

Lors de sa quatrième arrestation, en 1998, il avait été condamné à trois mois de prison. Il a récidivé en 2000, écopant alors de cinq mois de détention.

En 2005, il avait été arrêté deux fois pour conduite avec les facultés affaiblies dans la même année, ce qui lui avait valu neuf mois de détention.

Rapport Gladue

Roch Lavoie n’avait pas été revu devant les tribunaux depuis. Son avocat, Me Denis Otis, demandait d’ailleurs au juge Boudreault que l’accalmie de 12 ans de son client soit prise en considération. La défense demandait à ce que l’homme puisse être libéré (puisqu’il a déjà purgé l’équivalent de 13 mois en temps préventif), alors que la Couronne, représentée par Me Élise Tremblay, avait plaidé pour une sentence de 30 mois de pénitencier, assortie d’une interdiction de conduire à vie.

La confection d’un rapport Gladue avait également été demandée par la défense, puisque Roch Lavoie est d’origine innue par sa mère. Un rapport Gladue vise à harmoniser les peines des délinquants autochtones en fonction de leur passé et en prenant compte de différents aspects.

Le rapport explique que le père de l’accusé n’est pas autochtone et qu’il a grandi à Chicoutimi. Il n’a jamais vécu au sein d’une communauté.

Toutefois, il a été victime d’intimidation dans son enfance en raison de ses origines et il a aussi été agressé sexuellement alors qu’il était enfant.

Le juge Boudreault a reconnu que ces facteurs ont peut-être joué un rôle dans l’alcoolisme de M. Lavoie, mais que sa situation ne s’expliquait pas nécessairement par le fait que l’accusé soit autochtone et qu’elle ne se comparait pas avec les problèmes rencontrés par les personnes vivant en communauté. Le juge Boudreault a également rappelé que Roch Lavoie avait dit, lors de son témoignage, qu’il n’avait pas de sentiment d’appartenance envers sa communauté et qu’il ne pratiquait pas d’activités culturelles innues.

À la lumière du rapport Gladue, le juge Boudreault ne croit pas que les traumatismes vécus par les Autochtones, notamment ceux causés par les pensionnats et la dépossession des territoires, s’appliquent à Roch Lavoie.

« La preuve est bien mince pour dire que ses origines expliquent ses crimes », a souligné le magistrat.

Le juge Boudreault a conclu que l’homme de 59 ans n’avait pas su apprendre de ses erreurs, au fil des années, et que le message ne semblait pas passer.

« Ses nombreuses peines auraient pu le faire réfléchir et il aurait pu entreprendre des thérapies depuis longtemps. Les nombreux messages ne passent pas et les personnes qui ont croisé la route de M. Lavoie ont été chanceuses », a souligné le juge de la Cour du Québec.

Roch Lavoie a finalement été condamné à deux ans moins un jour, duquel il faudra déduire les 13 mois (équivalents) déjà passés en prison, et devra ensuite se soumettre à une probation de deux ans, au cours de laquelle il devra respecter plusieurs conditions, notamment celle de ne pas consommer d’alcool. Il devra également participer à des rencontres des Alcooliques anonymes (AA).

Le juge Boudreault a prononcé une ordonnance interdisant à l’homme de conduire durant une période de 10 ans. Roch Lavoie pourra toutefois se munir d’un appareil éthylométrique après une interdiction complète de trois ans.