Un citoyen de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, Stéphan Boivin, a pu faire éviter un drame à la plage Le Rigolet lundi soir.

Deux ados sauvés de la noyade

Deux adolescents ont failli se noyer, lundi soir, à la plage Le Rigolet de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, et doivent leur survie au citoyen Stéphan Boivin, qui a lui-même mis sa vie en danger dans une zone de baignade interdite pour leur porter secours.
Les deux jeunes d'environ 16 ans se baignaient à l'embouchure de la rivière, juste à côté de la plage. Une large affiche avertit que l'endroit est dangereux et interdit. Ça n'empêchait pas encore des personnes de s'y rendre, mardi lors du passage du Quotidien, alors que le lac Saint-Jean était relativement calme.
Ce n'était cependant pas le cas lundi soir. Des vagues de quatre pieds frappaient la rive en raison des vents et les adolescents se sont retrouvés piégés au centre de la rivière, qui devient brusquement très profonde. Stéphan Boivin passait par là lorsqu'il a entendu leurs cris de détresse.
Des jeunes se baignaient encore dans la zone interdite lors du passage du Quotidien mardi.
« Au début, je pensais que c'était une mauvaise blague, raconte-t-il. J'ai finalement compris qu'ils étaient vraiment en difficulté. J'avais une planche avec moi et ça m'a donné du courage. Je ne suis pas du tout un maître nageur. Quand je suis arrivé, l'un d'eux était sur le point d'abandonner, il avait perdu toutes ses forces. Ils se sont accrochés à la planche. »
Celle-ci n'était cependant pas assez grande pour les trois personnes. Fatigué, Stéphan Boivin a tenté de regagner la rive seul. Les jeunes ont dérivé et ont pu atteindre la terre ferme, mais pas lui. Un autre homme est venu l'aider. « Ça commençait à être épeurant », avoue ce bon samaritain qui préfère rester discret.
Stéphan Boivin a eu l'impression de s'être démené dans l'eau pendant une heure, mais l'incident n'a probablement duré que dix minutes.
« Je n'ai pas dormi de la nuit et je n'ai pas été capable de travailler aujourd'hui, confie le chef cuisinier. Je n'arrêtais pas de penser à ce que j'aurais pu faire pour qu'on s'en sorte mieux, sans que je me mette en danger. Si je n'avais pas agi rapidement, ils seraient sûrement noyés et je m'en serais voulu toute ma vie. »
Plage publique
La plage gratuite est gérée par la municipalité. Des sauveteurs sont présents dans une zone délimitée entre 11 h et 17 h 30 environ. « On répond aux normes, assure le maire Lawrence Potvin. On aimerait offrir plus de surveillance, mais on manque d'employés qualifiés. Ce n'est pas facile à recruter dans le coin. On ne peut pas obliger les gens à être prudents. »
Le pont du train qui traverse la rivière est particulièrement prisé par les jeunes, qui sautent dans l'eau depuis l'infrastructure.
« C'est vraiment de la témérité. C'est évident que c'est une zone interdite », déplore Stéphan Boivin.
L'incident rappelle au maire un drame s'étant produit il y a quelques années en de pareilles circonstances. Le coroner avait fait son enquête et avait exonéré la municipalité de toute responsabilité. « Ça laisse des séquelles aux familles », s'attriste M. Potvin.