Deux « petits » vols avec de gros impacts

Gaétan Latulippe écope de 30 mois de détention pour avoir commis deux vols à main armée avec une fausse arme dans des pharmacies de Jonquière. Il s’agissait selon lui de petits vols qualifiés, mais il n’avait pas mesuré les impacts sur les victimes.

L’homme de 53 ans avait plaidé coupable aux accusations déposées contre lui en juin 2018. Il a reçu sa sentence de la bouche du juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, qui a accepté la suggestion commune de Me Pascal Lévesque, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et de Me Charles Cantin, avocat en défense.

Le 14 avril 2017, Latulippe se présente à la pharmacie Jean Coutu avec une cagoule sur la tête et des lunettes de soleil. En arrivant au comptoir pour l’obtention de médicaments, il sort une arme de la poche intérieure de son manteau.

Il ne braque pas l’arme sur qui que ce soit, mais veut avoir des narcotiques analgésiques.

L’employée sur place, une technicienne de laboratoire, est prise de panique et se dirige vers la pharmacienne pour l’aviser de la situation. Pendant ce temps, une autre travailleuse s’aperçoit qu’il se passe quelque chose de grave et appuie sur le bouton panique immédiatement.

« J’ai entendu une collègue réagir et j’ai vu ce qui se passait. J’ai eu une grande peur et j’ai pris panique. Nous savions que cela était pour arriver un jour, mais lorsque ça arrive, c’est autre chose. J’ai trouvé ça interminable et j’avais peur que ça dégénère. C’était comme un cauchemar et je craignais que quelqu’un entre au même moment et que ça aille plus loin », a exprimé une technicienne de la pharmacie.

« J’ai pleuré après. J’ai eu de la difficulté à mon retour au travail. J’ai dû arrêter le travail durant une semaine. On a toujours peur que ça arrive à nouveau. J’aimerais qu’il (Gaétan Latulippe) se rende compte qu’il y a des humains derrière ça et qu’il doit penser à eux. Et je souhaite qu’il puisse se faire soigner », a exprimé la technicienne en pharmacie.

Quant à celle qui a accueilli Latulippe à son arrivée à la pharmacie, elle a été marquée par la vue de l’arme à feu. Elle ne savait pas à ce moment qu’il s’agissait d’un fusil à air comprimé.

« Qu’elle soit vraie ou non, ça ne change rien lorsque ça arrive. J’ai fait le saut lorsqu’il a sorti l’arme de la poche intérieure de son manteau. Je suis allée voir la pharmacienne pour essayer de l’aviser de ce qui se passait et que l’homme voulait des médicaments », a-t-elle précisé.

« J’ai vécu de l’anxiété. J’ai eu peur du monde durant un certain temps. Je crains toujours que quelqu’un vienne à la pharmacie pour un vol, même si je sais que ce geste n’était pas dirigé vers moi. Il m’arrive encore d’être stressée », a indiqué la technicienne de laboratoire.

Au final, Latulippe prend le chemin du pénitencier pour une période de 30 mois et n’aura pas le droit de retourner aux deux pharmacies qu’il a braquées.