Des travaux communautaires pour avoir harcelé la jeune victime de son ami agresseur

La femme de Saguenay reconnue coupable d’avoir harcelé la jeune victime de son ami agresseur, entre 2010 et 2017, évite la prison. Le juge de la Cour du Québec Pierre Simard a prononcé une sentence suspendue, en la condamnant à respecter une probation de trois ans et à effectuer 100 heures de travaux communautaires.

Hélène Guy avait été reconnue coupable de harcèlement criminel, cet hiver. On lui reprochait d’avoir importuné l’adolescente qui avait été agressée sexuellement par son ami Michel Tremblay.

En août 2009, Michel Tremblay avait convaincu une jeune fille de 12 ans de monter à bord de son véhicule, à Chicoutimi-Nord, affirmant qu’il avait besoin d’une gardienne. Il l’avait ensuite amenée dans un rang pour l’agresser sexuellement. La jeune fille avait réussi à s’échapper et l’homme avait rapidement été arrêté. Il avait été déclaré coupable de séquestration, d’enlèvement et d’agression sexuelle.

La cliente de Me Luc Tourangeau devra effectuer 100 heures de travaux communautaires, mais évite la prison.

Durant les procédures judiciaires, Hélène Guy, qui se décrivait comme une amie de Michel Tremblay sans être sa conjointe, avait rencontré la jeune victime. Et durant les années qui ont suivi, la femme de 55 ans s’est rendue plus d’une fois au travail de l’adolescente et la fixait durant plusieurs minutes, en lui demandant si c’était bien elle qui avait été enlevée. La victime a raconté avoir subi le harcèlement d’Hélène Guy à son travail, à l’épicerie, au cinéma et dans l’autobus, entre autres endroits. Il n’y a pas eu de menaces, mais des regards et des paroles inquiétantes qui faisaient revivre ce cauchemar à la jeune fille. En examinant le dossier, le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait porté une accusation de harcèlement criminel. Hélène Guy avait affirmé ne pas avoir agi ainsi pour mal faire.

La semaine dernière, la Couronne avait demandé une peine de prison pour la femme, alors que la défense plaidait pour une sentence suspendue, étant donné que l’accusée respecte ses conditions depuis 2017 et qu’elle souffre de problème de santé mentale. La cliente de Me Luc Tourangeau avait toutefois été déclarée responsable criminellement de ses actes, à la suite d’une évaluation psychiatrique.

Le juge Simard a également convenu que les gestes de harcèlement avaient été posés de façon aléatoire et qu’il ne s’agissait pas de sept ans de harcèlement en continu, malgré la période de 2010 à 2017 visée par le chef d’accusation. Il s’est en effet écoulé des années sans incident.

Bien qu’elle évite l’incarcération, Hélène Guy devra respecter des conditions durant sa probation de trois ans, notamment celle de ne pas communiquer de quelque façon que ce soit avec la victime. La femme devra également effectuer 100 heures de travaux communautaires.