Les policiers de Saguenay et de la SQ ont mené une longue enquête afin d'établir ce qui a pu se passer sur la rue du Vieux-Pont, à Jonquière, en novembre 2016.

Des ratés de la part des policiers de Saguenay

La nuit où Israël Gauthier-Nepton a été abattu, présumément par Marc-Étienne Côté, le travail des policiers en service a connu quelques ratés. Ainsi, le sergent en service aurait été difficile à trouver, alors que le lieutenant n'aurait été avisé de la situation que vers la fin de son quart de travail.
Inspecteur à l'administration policière de la SPS, Pierre Girard précise que la vérification administrative et l'enquête disciplinaire avaient été complétées, mais que les conclusions n'avaient pas encore été établies, même si les événements remontent au mois de novembre 2016.
Le Quotidien a été en mesure de lever une partie du voile de cet événement survenu dans la nuit du 19 novembre 2016 (nuit du samedi au dimanche) sur la rue du Vieux-Pont, à Jonquière.
Les membres de l'état-major de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) refusent de confirmer ou d'infirmer les informations recueillies par le journal.
Selon nos sources, le sergent en poste a, à la suite de cette histoire, abandonné son grade et a demandé à être changé d'équipe de travail.
Quant au lieutenant en place, il n'aurait reçu aucun appel pour l'aviser de la situation et n'aurait appris que vers la fin du quart de travail, vers 7 h, ce qui s'était produit et que des coups de feu avaient été tirés au centre-ville de Jonquière.
« Je ne peux pas confirmer les informations que vous possédez. Il vous manque certains détails », a lancé Pierre Girard, inspecteur en administration policière à la Sécurité publique de Saguenay, lors d'un entretien téléphonique accordé jeudi matin.
Mais il ne nie pas non plus les informations obtenues par Le Quotidien. Il ajoute que le sergent concerné a effectivement abandonné son grade, mais il ne peut affirmer que c'est à la suite des événements de novembre 2016.
Si certaines personnes avaient mis en doute l'efficacité du travail des policiers, il semble maintenant clair que des manquements dans l'intervention policière ont été enregistrés.
altercation
La nuit du 19 novembre, une chicane est intervenue entre quelques individus dans un appartement de la rue du centre-ville jonquiérois. 
L'altercation a tourné au cauchemar lorsque M. Gauthier-Nepton, âgé de 27 ans, a été tiré dans le dos en pleine nuit au moment où il prenait la fuite. 
La victime et un ami s'étaient rendus dans le logement afin de venir en aide à une femme. Les choses ne se seraient pas passées comme prévu et c'est à ce moment que Gauthier-Nepton et son ami Dave Buisières ont vu un homme sortir une arme à feu.
Ils se sont enfuis à la course. Marc-Étienne Côté aurait alors tiré un premier coup de feu. Le projectile a terminé sa course dans une fenêtre d'un logement. 
Mais le second tir a été effectué en direction de Gauthier-Nepton, qui a été atteint mortellement au bas du dos. 
L'homme de 27 ans aurait réussi à faire quelques dizaines de mètres afin de se cacher pour éviter de recevoir un deuxième projectile. C'est à cet endroit qu'il a rendu l'âme.
À peu près au même moment, vers 3 h 30, Dave Buissières a contacté la centrale policière pour dire que des coups de feu avaient été tirés en direction de son ami. 
Les policiers sont arrivés sur les lieux plusieurs minutes après. Ils ont effectué des recherches afin de retrouver le corps de la victime. L'opération n'a rien donné.
Ce n'est qu'au petit matin que deux hommes, qui s'apprêtaient à effectuer des travaux de rénovation dans un appartement, ont aperçu le corps inerte de la victime. Ils ont remarqué un trou dans le bas du dos de l'homme, résultat d'un projectile d'arme à feu. Ils ont communiqué avec les services d'urgence du 911 vers 9 h du matin.
C'est à partir de là que l'enquête a été entreprise.
L'état-major songe à des réprimandes
Les membres de l'état-major de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) pourraient en venir à imposer des sanctions disciplinaires à certains de ses policiers dans le dossier de la mort d'Israël Gauthier-Nepton. À moins qu'ils ne déterminent que tout a été fait correctement. 
Pierre Girard, inspecteur à l'administration policière de la SPS, précise que la vérification administrative et l'enquête disciplinaire avaient été complétées, mais que les conclusions n'avaient pas encore été établies, même si les événements remontent au mois de novembre 2016.
« Ça peut paraître long huit mois aux yeux du public, mais il faut savoir que nous avons des règles à respecter dans notre façon de procéder lors d'une enquête disciplinaire. Il y a aussi des délais, ce qui explique que ça puisse prendre un certain temps », note M. Girard.
« Au moment où l'on se parle, nous savons ce qui s'est passé cette nuit-là. Nous avons rencontré les gens concernés. Et nous avons discuté avec le contentieux de Saguenay afin de savoir ce que l'on peut faire si des mesures disciplinaires doivent être mises en place. Mais je le répète, des mesures pourraient être imposées, mais il se pourrait qu'il n'y en ait pas », reprend le capitaine de la SPS.
Même si les rapports de la vérification administrative et de l'enquête disciplinaire sont terminés, M. Girard refuse de dire s'il y a eu des manquements dans le travail de l'équipe de faction.
« Nous ne sommes pas prêts à dévoiler les grandes lignes de ces rapports », admet Pierre Girard.
Il n'a pas été possible de savoir si les documents seront rendus publics et si les mesures disciplinaires, s'il y a lieu, seront connues. 
Du moins, ils ne le seront pas avant que l'enquête criminelle pour le meurtre de M. Gauthier-Nepton ne soit terminée.
Au lendemain de l'événement et des allégations de Dave Buissières (ami de la victime) à l'effet que les patrouilleurs n'avaient effectué aucune recherche pour retrouver le corps d'Israël Gauthier-Nepton, les membres de l'état-major avaient promis de faire toute la lumière sur cette affaire.
À l'époque, le capitaine Steeve Gilbert avait même rejeté du revers de la main la prétention que les policiers aient estimé la situation trop dangereuse pour intervenir.
« Nos agents sont formés pour intervenir dans des situations à haut risque, comme un homme barricadé ou un tireur actif. Il n'y a aucune raison de dire que c'est trop dangereux », avait répondu M. Gilbert.