Le juge Jean Hudon estime que les campagnes contre l’alcool au volant ne donnent pas les résultats escomptés, mais il ne désespère pas de voir les gens comprendre l’importance de ne pas boire et conduire.

Des permis suspendus avant Noël

Quatre conducteurs devront se trouver un autre moyen de transport ou miser sur l’aide de la famille pour se déplacer durant la période des Fêtes. Ils ont tous réglé leur dossier de conduite avec les facultés affaiblies et ont perdu leur permis de conduire jusqu’au 18 décembre 2018.

« Les campagnes publicitaires ne semblent pas avoir de résultats, car chaque semaine de nombreux cas de conduite avec les facultés affaiblies se retrouvent dans nos palais de justice. Prendre un verre n’est pas illégal, mais boire et conduire l’est », a lancé le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec.

« Même si les campagnes ne semblent pas marcher, nous espérons toujours qu’il y aura des impacts. Vous n’êtes pas la première ce matin à plaider coupable et malheureusement vous ne serez pas la dernière. J’espère seulement que vous avez eu votre leçon », a poursuivi le magistrat en s’adressant à une cliente de Me Julien Boulianne.

La dame a été prise en défaut le 29 octobre dernier après que le camion de la compagnie qu’elle conduisait aux petites heures eut percuté un véhicule stationné. Elle a présenté un taux d’alcool de ,192. Sans antécédent, elle a été condamnée à 1400 $ d’amende en plus de perdre son emploi.

Un homme de près de 70 ans a aussi réglé son dossier. Il avait été dénoncé par des clients d’une institution financière, surpris de le voir aussi « chaud » en milieu d’après-midi.

Au moment de son arrestation, l’homme a déclaré aux policiers : « Ça va me donner une leçon pour toutes les fois où j’ai chauffé chaud. »

Il a reçu une amende de 1250 $.

Un troisième individu a plaidé coupable à une accusation similaire. Lui s’est fait prendre dans un barrage routier. Amende de 1000 $.

Le quatrième cas de la matinée est un chauffeur qui a été vu en fin de soirée à proximité d’un restaurant avec une conduite erratique. Il a ensuite soufflé un taux de ,157. Un autre 1000 $ en amende, mais qu’il ne pourra payer et qu’il fera transférer en travaux compensatoires.

Geste humanitaire

Par ailleurs, un homme retarde le moment de sa détention en raison de la période des Fêtes. L’individu a demandé au tribunal de reporter au début du mois de janvier la décision du tribunal de l’envoyer en prison pour six mois moins un jour. 

Cela lui permettra de passer le temps des Fêtes avec les membres de sa famille. 

Le juge Jean Hudon a accueilli la demande Me Julien Boulianne, en défense, en raison de cette période festive et du fait que l’individu était toujours présent lors des procédures.