Une quinzaine de pêcheurs ont plaidé coupable à des accusations d’avoir vendu ou acheté illégalement du poisson. Les amendes pourraient atteindre 250 000 $, au total, pour tous les braconniers.

Des pêcheurs plaident coupables

Plus de 15 amateurs de pêche ont jusqu’à maintenant plaidé coupable au Palais de justice de Chicoutimi pour ne pas avoir respecté les quotas quotidiens de pêche ou avoir vendu ou acheté illégalement des éperlans arc-en-ciel. Ils contreviennent ainsi aux lois provinciales sur la faune et aux lois fédérales sur la pêche. Le tribunal leur a imposé des amendes importantes pour leur participation à ces réseaux de braconnage.

Plus de 60 individus du Saguenay, d’Alma et de Roberval avaient été arrêtés dans le cadre de l’opération Marée montante, menée par 95 agents de la Protection de la faune en février 2018.

À cette époque, les agents avaient saisi des quantités importantes d’éperlans arc-en-ciel, lors de perquisitions menées sur divers sites de pêche et dans des résidences.

Les agents ont réalisé 11 perquisitions à Saguenay, dans les arrondissements de La Baie et de Jonquière, et dans les municipalités de Saint-Fulgence, L’Ascension-de-Notre-Seigneur, Alma, Roberval et Saint-Gédéon.

L’opération a pu être menée après que d’autres amateurs de pêche aient dénoncé, en communiquant avec le service de S.O.S. Braconnage, les pratiques illégales de certaines personnes. L’enquête avait été lancée en 2015 et a connu son aboutissement le 28 février 2018.

Environ 11 mois plus tard, les principaux acteurs de cette saisie se sont retrouvés pour une première fois, mardi, devant le juge Réjean Bédard, de la Cour du Québec, chambre pénale. L’objectif de la rencontre était d’expliquer aux individus, qui avaient décidé de se représenter seuls, le fonctionnement de la cour et la nature des accusations auxquelles ils faisaient face.

Me Anne-Sophie Blouin-Racine, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a rencontré les avocats embauchés par des contrevenants au dossier et tous les accusés qui n’avaient pas requis les services d’un avocat.

« La rencontre a permis de leur expliquer la façon de faire, de leur remettre la preuve que nous détenons et d’en dire davantage sur les chefs d’accusation », mentionne Me Blouin-Racine.

« Certains des accusés avaient chargé leur avocat d’enregistrer des plaidoyers de culpabilité, avant même que les dossiers ne se retrouvent devant le tribunal. Une quinzaine avait agi de cette façon. Deux ont plaidé coupables devant le juge, et d’autres ont pris la décision de faire appel à un avocat pour la suite des choses », a repris la procureure de la Couronne.

Amendes

Devant le juge Bédard, Me Blouin-Racine a annoncé que certains individus, qui ont plaidé coupables, s’étaient vu imposer des amendes variant de 825 $ à 3650 $, sans oublier les frais.

D’autres braconniers s’exposent à des amendes de 10 000 $, alors que certains pourraient être condamnés à des amendes de plus de 20 000 $.

« Tout dépend du nombre d’infractions. Il arrive que certaines personnes aient été prises plus d’une fois à commettre des infractions. L’amende minimale est de 1825 $ plus 25 pour cent en frais administratifs (soit 456 $) », note Me Blouin-Racine.

Ces amendes s’appliquent à ceux qui ont acheté ou vendu illégalement les éperlans.

Quant au dépassement des quotas, les amendes relèvent du gouvernement fédéral et sont déterminées au tribunal à la suite de discussions.

Lorsque les perquisitions ont été menées, en février 2018, les agents de la Protection de la faune estimaient que les amendes pouvaient s’élever jusqu’à près de 250 000 $, au total, pour tous les braconniers.

Si certains ont reconnu leur culpabilité, trois individus ont plutôt vu les accusations être retirées à la suite de discussions avec la Couronne.