Certains avocats déplorent le manque de flexibilité dans les horaires pour l’accès aux équipements de visioconférence et les visites à leurs clients à l’établissement de détention de Roberval.

Des équipements neufs qui ne servent pas

L’établissement de détention de Roberval est flambant neuf. Tout y est à la fine pointe de la technologie. Pourtant, les équipements, pouvant faciliter les relations entre les détenus et les avocats, ne peuvent être utilisés à leur pleine capacité.

L’accusé Dave Fortin, condamné à sept années de pénitencier pour le vol de 24 armes de poing, en a fait la lumière jeudi après-midi en demandant à ne pas revenir au Palais de justice de Chicoutimi afin de régler deux dossiers d’introduction par effraction.

La sentence doit être rendue devant le juge Pierre Lortie. Celui-ci sera à l’extérieur de la région la semaine prochaine et ne pourra être présent au Palais de justice de Roberval pour rendre la peine.

Sa collègue, la juge Sonia Rouleau, a suggéré d’utiliser la visioconférence afin d’éviter les déplacements vers Chicoutimi.

« Oui ce serait sans doute possible et ça serait une bonne chose. Je ne veux pas revenir à Chicoutimi. Je veux tout régler le plus vite possible », a commencé par dire Dave Fortin.

« La visioconférence, la prison de Roberval en est équipée. Il y a là de l’équipement tout neuf, mais qui ne sert qu’à amasser la poussière », a ajouté l’accusé.

C’est là que la situation semble effectivement poser problème. Certains avocats laissent voir qu’ils ont accès à la visioconférence uniquement sur des plages horaires déterminées à l’avance et pas vraiment compatibles avec les horaires des procureurs qui se trouvent en salle d’audience.

Même chose pour les visites à l’établissement carcéral afin de rencontrer les détenus. Là aussi, les horaires ne sont pas très flexibles, ce qui complique la tâche des avocats qui veulent préparer leur dossier en présence de leur client.

« Mon client a raison. L’équipement existe, mais il ne sert pas. On nous dit que si un accusé peut se déplacer par lui-même, il ne pourra utiliser la visioconférence. Pourtant, l’utilisation de cette technologie pourrait être très intéressante et permettrait d’économiser des coûts », indique Me Charles Cantin, qui a représenté les intérêts de Dave Fortin.

Le criminaliste tentera de trouver une solution pour éviter à son client de revenir à Chicoutimi pour obtenir sa sentence en lien avec deux introductions par effraction dans des commerces. Surtout que la peine sera purgée de manière concurrente avec celle de 84 mois imposée jeudi.

Rencontres

La situation vécue par les avocats et les détenus à la prison de Roberval met en lumière une autre difficulté, soit celle pour les criminalistes de bien préparer les dossiers en présence de leur client.

« Ce n’est pas la faute des gardiens de prison, mais nous avions plus de facilités à Chicoutimi. Il était possible de voir nos clients sur l’heure du dîner, après la cour et même en soirée après 21h. Ce n’est pas le cas à Roberval. Lorsque l’on quitte le palais de justice à 16h30, que nous avons des rendez-vous avec des clients, il est à peu près impossible de se rendre à Roberval avant la fermeture des portes. Ce n’est pas évident », précise Me Cantin.

Pour ce qui est de Me Jean-Marc Fradette, il n’a pas beaucoup de clients détenus et sa présence à l’établissement carcéral n’est pas nécessaire.

« Mais je sais que plusieurs équipements ne peuvent être utilisés en raison d’un manque d’effectifs et possiblement de budget. La prison est ultra moderne. On dirait un siège social d’une grosse compagnie, mais peu de choses sont utilisées », dit-il.

Du côté du ministère de la Sécurité publique, on nous indique que l’on pourra nous donner des réponses à nos questions au cours des prochains jours.