À la suite d’un problème d’ascenseur, l’accusé Matthieu Parente-Soares a dû être amené en salle d’audience via les escaliers empruntés par le public.

Des aveux sur vidéo

Alors qu’il était désigné comme suspect dans l’incendie qui a causé la mort de Guy Tremblay, 93 ans, Matthieu Parente-Soares a confessé avoir mis le feu dans une pièce de la résidence familiale de la rue Sacré-Coeur Est d’Alma. La poursuite a terminé la présentation de sa preuve, lundi, avec une vidéo contenant les aveux de celui qui est accusé d’homicide involontaire, d’incendie criminel et de harcèlement criminel.

« Je suis désolé. C’est moi qui a mis le feu en bas, ça s’est passé tellement vite », a confié Matthieu Parente-Soares, après quatre heures passées avec l’enquêteur du département des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec, François Lévesque. La poursuite a conclu, lundi, la présentation de sa preuve avec cet enregistrement vidéo d’une durée de cinq heures.

Trois jours après l’incendie qui s’est déclaré dans la nuit du 12 au 13 juin 2017, Matthieu Parente-Soares, considéré comme suspect, a rencontré des enquêteurs de la Sûreté du Québec. Après avoir accepté de passer un test polygraphique, il révèle être à l’origine de l’incendie. C’est à cet instant précis qu’il se retrouve en état d’arrestation. Selon ses confessions, il aurait allumé une bûche placée dans une corde de bois qui se trouvait dans l’espace d’entreposage situé sous le salon d’été.

Des idées noires
L’entretien enregistré et filmé aura permis d’en apprendre plus sur les idées noires de l’homme avant d’arriver au Québec et peu avant l’incendie. Matthieu Parente-Soares en avait fait part à son ancienne copine. Inquiète, la soeur de celle-ci a contacté les autorités policières qui se sont présentées à l’appartement que l’accusé partageait, depuis peu, avec le cousin de son ancienne petite amie. Un travailleur social s’est également rendu à son domicile. Au plus fort de ses idées noires, le Français d’origine s’est rendu sur le pont Carcajou dans le but de commettre l’irréparable.

C’est à la suite de l’intervention des policiers qu’il a pris la décision de se rendre, vers 22h30, au domicile des Tremblay afin d’obtenir des réponses. Entendant ses pleurs, son ancienne belle-mère lui offre de dormir dans le salon d’été.

Après avoir dormi environ 30 minutes, Matthieu Parente-Soares s’est rendu dans la pièce située sous le salon d’été. Devant une porte barrée qui l’empêchait d’entrer dans le sous-sol de la résidence et de rejoindre son ancienne copine, Matthieu Parente-Soares met le feu à une bûche de la corde de bois. Incapable d’éteindre les flammes et de réveiller son ancienne belle-mère, il retourne se coucher dans le salon d’été. Lors de l’évacuation de la famille, il a tenté de retourner à l’intérieur pour en sortir Guy Tremblay, le grand-père de son ex-copine.

L’accusé s’est montré émotif, sur la vidéo présentée en salle d’audience, à l’évocation de Guy Tremblay. « On parlait beaucoup. C’était une personne que je considérais comme un grand-père », a-t-il laissé tomber. À plusieurs reprises, celui qui a passé de suspect à accusé s’inquiétait du sort qui l’attendait.

Mardi, Me Louis Belliard, qui représente Matthieu Parente-Soares, amorcera la présentation de sa preuve. Cinq personnes devraient être appelées à la barre. Le travailleur social qui est intervenu, quelques heures avant l’incendie, sera notamment du lot.