L’ex-vétérinaire Christine Belley subit son procès au tribunal pénal pour ne pas avoir donné les soins de base et avoir eu des animaux dans un lieu insalubre.

Des animaux laissés dans des excréments

Accusée de ne pas avoir nourri correctement ses 22 animaux, de ne pas leur avoir donné assez d’eau, de les avoir laissés dans un endroit insalubre et impropre, l’ex-vétérinaire Christine Belley s’expose à des amendes de 3600 $. Mais surtout, elle pourrait ne plus avoir le droit de posséder plusieurs bêtes.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a déposé des accusations, au tribunal pénal, contre la femme de L’Anse-Saint-Jean.

Le procès, qui se déroule devant le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a commencé lundi matin et pourrait se poursuivre durant toute la semaine.

Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a fait entendre, lors de la première journée du procès, le témoignage de l’inspecteur du MAPAQ, Nouefel Cheriati, et elle prévoit amener à la barre des témoins quatre vétérinaires.

Tous les témoins rendront leur point de vue sur l’état de santé des chevaux, des chiens, des ânes, des moutons, des chèvres et des chats qui ont été retirés de la ferme de Christine Belley le 17 avril 2015.

Lorsque le MAPAQ s’est présenté sur les lieux il y a un peu plus de trois ans, la situation avait été dénoncée auparavant par des citoyens qui n’en revenaient pas de l’état des lieux.

La plainte a été portée le 14 avril 2015. Dès le lendemain, un inspecteur et une vétérinaire se sont rendus sur place afin de constater la situation.

M. Cheriati mentionne qu’un rapport a été produit et que des recommandations ont été faites à Mme Belley.

Deux jours plus tard, l’équipe du ministère est retournée sur les lieux. Une remorque servant au transport des animaux a été amenée sur place au cas où les responsables aient pris la décision de déplacer les animaux vers un endroit plus sécuritaire et approprié.

« Nous ne savions pas si des améliorations avaient été apportées. Nous n’avons pris aucune chance. Sur place, la vétérinaire a déterminé que les animaux n’étaient pas dans un endroit sécuritaire. Il n’y avait pas suffisamment d’eau, pas assez de nourriture. Les lieux étaient dangereux pour les animaux, car toutes sortes de choses traînaient un peu partout », a commencé par expliquer l’inspecteur du MAPAQ.

« En plus, le nettoyage n’a pas été fait. Les animaux dormaient dans leurs excréments. Plusieurs n’étaient pas assez nourris. Nous avons noté 25 éléments de non-conformité dans notre rapport », soutient-il.

Autre visite
En contre-interrogatoire, Me Louis Belliard, avocat en défense, s’est attardé sur les compétences de l’inspecteur et ses connaissances des fermes et des écuries.

« Je n’ai jamais travaillé sur une ferme ou étudié la façon de faire sur une ferme. Mais je n’ai pas à savoir ça, car mon travail est d’appliquer les règles et les lois du MAPAQ envers les animaux. Si je vois que quelque chose ne respecte pas les règles, je le note. Le 15 avril 2015, nous avons noté des manques et le 17 avril, nous avons constaté que rien n’avait changé. Nous avons donc amené les animaux dans un endroit plus sécuritaire », a expliqué l’inspecteur Cheriati en réponse à la question de la défense.

Me Belliard a fait valoir à l’employé du MAPAQ qu’il avait effectué une visite aux installations de Christine Belley le 6 février, environ deux mois auparavant et qu’il n’avait rien noté de particulier.

« Il s’agissait d’une visite planifiée. Nous avions pris rendez-vous avec Mme Belley. Nous avons noté à ce moment qu’il y avait de l’eau et de la nourriture en quantité pour les animaux. Il y avait de la moulée et il ne semblait pas y avoir trop d’excréments au sol », a repris M. Cheriati.

Les 22 animaux ont été sortis de la ferme. Certains ont pu être vendus afin de rembourser une partie de la facture pour les soins apportés aux animaux à Saint-Hyacinthe, où ils avaient été déplacés.

L’ex-vétérinaire a été radiée en 2015 de l’Ordre des médecins vétérinaires pour avoir enterré des carcasses d’animaux sur son terrain à L’Anse-Saint-Jean.