Alicia Howell a plaidé coupable a une accusation vieille de 13 ans, mardi.

Des accusations vieilles de 13 ans

Alicia Howell, une femme qui habitait à La Baie, mais qui réside maintenant en Ontario, a redonné signe de vie, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi, pour faire face à des accusations vieilles de 13 ans. Elle s’est présentée devant la cour, sans avocat, avec l’intention de plaider coupable à un crime commis en 2006.

La femme était accusée d’avoir volé un chèque d’une valeur de 7308,89 $. À l’époque, Alicia Howell avait de mauvaises fréquentations et consommait de la drogue. Elle vivait dans un logement et recevait encore du courrier de l’ancienne locataire.

Avec l’aide de deux complices, elle a ouvert une lettre qui contenait un chèque provenant du gouvernement du Québec et l’a déposé au comptoir d’une banque. Un montant de 1000 $ a été retiré. Celle qui a maintenant deux enfants n’a pas obtenu un sou de cet argent.

Le processus juridique avait débuté en 2007, mais n’avait jamais mené à une condamnation ou à un acquittement. L’accusée ne s’était pas présentée au tribunal et on avait perdu sa trace en raison de son déménagement. Un mandat d’arrestation a été lancé à l’époque, mais n’a jamais été exécuté.

La femme, qui a habité au Nouveau-Brunswick avant de partir pour l’Ontario, était cependant au courant de l’existence de ce mandat. En 2010, on lui a refusé un emploi chez Volkswagen et dans les Forces armées canadiennes pour cette raison.

« Je devais m’occuper de mes deux jeunes enfants et je n’avais pas les moyens de venir régler ça ici », a-t-elle expliqué, devant le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec.

Ce n’est qu’après une arrestation pour une opération de routine par des policiers à Montréal, en juillet dernier, qu’on lui a rappelé qu’elle était recherchée. Elle est arrivée à Chicoutimi, mardi, avec la ferme intention de tourner la page.

Coupable

Alicia Howell a plaidé coupable à un chef d’accusation amendé. « Ma vie a changé depuis ce temps-là, j’ai arrêté la drogue et j’ai un travail », a-t-elle expliqué.

La Couronne, représentée par Me Marianne Girard, a demandé une peine avec sursis, une sentence qui aurait comme conséquence principale de créer un casier judiciaire à l’Ontarienne.

« Elle n’a pas d’antécédent. Elle a refait sa vie, mais elle était au courant qu’il y avait un mandat d’arrestation contre elle. Elle n’a pas régularisé cette situation », a plaidé Me Girard, pour justifier sa suggestion.

De son côté, Alicia Howell, qui voulait obtenir une absolution pour ce crime vieux de 13 ans, a indiqué qu’elle désirait toujours faire une carrière dans les Forces armées canadiennes.

« Mon père vient de prendre sa retraite après 38 ans passés avec les militaires. Mon frère est encore dans l’armée et va revenir d’Afghanistan cet automne. Je veux faire comme eux et protéger mon pays », a lancé la femme, la larme à l’œil.

Le juge Daoust a été sensible à son argumentation et lui a accordé une absolution inconditionnelle.

« Madame n’a pas touché un sou du chèque. Elle est encore jeune et en santé. Je la crois », a dit le juge Daoust.