Dernière chance pour un voleur

Le Jonquiérois Elie Pearson se voit offrir une dernière chance de se reprendre en main. Sinon, il sera envoyé automatiquement en prison.
L'homme de 29 ans a décidé de régler tous ses dossiers criminels, vendredi matin, devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec.
Il a enregistré des plaidoyers de culpabilité pour le recel d'un filet mignon de 80$ (il en avait donné un morceau à son chien), vol d'écouteurs (79$), d'un câble USB et de gants (40$), de possession de 2,83 grammes de cannabis, 102 comprimés de métamphétamine et de voies de fait pour une dette de drogue.
Le client de Me Olivier Théorêt, de l'Aide juridique, retourne donc en thérapie fermée de six mois à la maison de l'Autre côté de l'ombre, à Bécancour. La suggestion a été soumise au juge par Me Michaël Bourget (Couronne) et Me Théorêt (défense), même si Pearson avait été envoyé une première fois le 10 avril en thérapie par le juge Boudreault. Mais l'accusé avait été renvoyé de la thérapie après seulement 10 jours. Il vient de passer les 95 derniers jours en détention.
« Si nous pouvons vous faire cette suggestion, c'est que l'on tient compte du rapport présentenciel. Il n'a pas réussi à mener quoi que ce soit à bien. Et c'est dû à un manque de maturité et à la pensée magique », a expliqué Me Bourget.
« Nous vous demandons de le retourner en thérapie fermée de six mois. C'est sa dernière chance de se reprendre en main. Si ça ne marche pas, nous ne reviendrons pas en discuter, il va être envoyé en prison pour une période de six mois. C'est à lui de voir. C'est la dernière chance qu'il a », d'ajouter le procureur de la Couronne.
Si jamais les responsables de la thérapie offrent des sorties à l'accusé, il ne pourra aller que chez son père, à Baie-Sainte-Catherine.
D'ailleurs, le paternel, Pierre Bouchard, a offert au Tribunal d'aller mener lui-même son fils à la thérapie, même si l'expérience d'avril dernier a été pénible.
« Ce fut un enfer. Il était gelé comme une balle. À tout bout de champ, il voulait débarquer de la voiture. Ce n'était vraiment pas facile. J'ai vécu l'enfer à quelques reprises avec Elie », note M. Bouchard.
« Lorsque je lui ai parlé il y a une semaine, il m'a dit qu'il voulait retourner à Jonquière. Je lui ai dit que si c'était ce qu'il voulait, moi je l'abandonnerais. Aujourd'hui, il veut s'en sortir et je suis encore prêt à faire des efforts », note-t-il.
Le juge Boudreault a accepté la suggestion des deux procureurs.
« Je vous avais fait confiance en avril dernier, mais vous m'avez trahi. Si je n'avais pas entendu tout ce que j'ai entendu, je vous aurais donné six mois de détention. Mais la Couronne et la défense s'unissent pour vous donner une chance. Il s'agit d'une proposition très humaine et que j'estime sans risque, car si ça ne marche pas, vous allez retourner en prison », a conclu le magistrat.