Dernière chance pour un multirécidiviste de l’alcool au volant

Le juge Michel Boudreault veut bien croire Luc Girard, un multirécidiviste de l’alcool au volant, lorsqu’il dit qu’il a arrêté sa consommation après une thérapie de six mois, mais il a besoin d’en savoir un peu plus. L’accusé doit lui démontrer son véritable sérieux avant de décider d’accorder une peine en société ou de l’envoyer derrière les verrous.

L’individu de 39 ans est revenu au tribunal mercredi pour les représentations sur sa peine. Mais avant que Me Karen Inkel, de la Couronne, et Me Jean-Marc Fradette, en défense, n’y aillent de leur suggestion de deux années de pénitencier ou de deux ans moins un jour en société, le magistrat de la Cour du Québec veut bien analyser la situation.

Le 30 mars 2018, l’homme de Saint-Ambroise avait plaidé coupable à une accusation de garde et de contrôle de son véhicule alors qu’il était sous l’effet de l’alcool et de conduite pendant interdiction de conduire (sept ans à compter de 2012).

Girard accumule six conduites en état d’ébriété, un refus de se soumettre à l’appareil de détection d’alcool et à deux conduites pendant interdiction. En 2010, il a été condamné à 19 mois de détention pour trois dossiers reliés à l’alcool.

En fait, la décision finale se retrouve entre les mains du propriétaire d’une compagnie de camionnage. S’il démontre son sérieux, il pourrait éviter la détention ferme, mais une seule rechute et son prochain séjour sera à l’ombre.

« Vous n’avez pas de marge de manœuvre. Au point où vous en êtes rendu, l’alcool doit vraiment sortir de votre vie », a lancé le juge Boudreault.

« Ce matin, lorsque j’ai pris connaissance de votre dossier, j’ai fait des recherches sur la jurisprudence et les décisions similaires. Ça ne sentait pas très bon pour vous », a poursuivi le juge.

Mais Girard et ses proches (sa mère et sa conjointe) ont raconté les sept derniers mois de la vie de l’homme d’affaires.

L’accusé a mentionné être sobre depuis le 30 mars 2018, journée de son arrestation. La thérapie de six mois lui aura été très utile pour comprendre bien des choses de sa vie personnelle.

Sa mère et sa conjointe ont ajouté que l’homme avait bien changé, qu’il ne consommait plus et qu’il prenait maintenant du temps pour lui, au lieu de passer tout son temps à l’entreprise pour y travailler.

Girard et sa conjointe, qui a décidé de lui donner une nouvelle chance, souhaitent une décision favorable du juge, car il en va de la survie de l’entreprise.

« Si je pars pour la détention, je mets les clefs dans la porte et j’abandonne les affaires. Ma conjointe a tenu la compagnie à bout de bras et a dû s’endetter au cours des derniers mois. Nous venons d’obtenir un gros contrat à Chapais et ça pourrait nous remettre sur les rails », a indiqué Luc Girard.

Avant de reporter sa décision au 31 janvier, le juge Michel Boudreault s’est dit sensible aux arguments de l’accusé. Il n’est pas prêt à l’envoyer en prison, mais n’est pas non plus décidé à lui laisser sa liberté, même avec des conditions sévères.

« Vous n’êtes sorti de thérapie que depuis le 23 septembre. Il faut se donner un peu de temps. Je vous crois sincère dans votre désir de vous en sortir, mais il faut mettre tout ça en pratique. Je me dois de vous évaluer sur une période de temps. »

« Avec vos antécédents, vous encourez une peine fédérale (deux ans et plus). Vous allez devoir faire vos preuves », indique le magistrat.