Raphaël Boudreault devrait passer encore beaucoup de temps derrière les barreaux à la suite de ses plaidoyers de culpabilité à des attouchements sexuels sur des adolescentes de moins de 16 ans.

Délinquant dangereux ou à contrôler?

L’abuseur sexuel Raphaël Boudreault sera évalué par des psychiatres de l’Institut Pinel de Montréal afin de déterminer s’il doit être déclaré délinquant à contrôler ou délinquant dangereux. La situation de l’individu est préoccupante pour la société.

L’individu de 23 ans, de Sainte-Jeanne-d’Arc, a plaidé coupable dans 14 dossiers criminels, allant d’attouchements sexuels sur quatre victimes de moins de 16 ans, à de nombreux bris de probation et d’engagement, et à du trafic de cannabis et de métamphétamines.

Boudreault s’est présenté devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, jeudi matin, afin de régler ses dossiers.

D’entrée de jeu, Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a été très claire dans ses intentions. Avec des plaidoyers de culpabilité, elle demande au tribunal de transférer l’individu à l’Institut Pinel afin qu’il soit évalué pour qu’il soit déclaré délinquant à contrôler ou délinquant dangereux (article 752.1 du Code criminel canadien).

«Pour faire une telle demande, il faut que la possibilité que l’accusé soit condamné à une peine de pénitencier de plus de deux années soit réelle, que le risque de récidive soit présent et qu’il ait commis des sévices dangereux», explique Me Ouellet.

«Je crois que nous pouvons répondre à tous les critères, surtout que M. Boudreault a été condamné à 22 mois de détention en 2015 pour des crimes similaires. Il est possible qu’il soit envoyé au pénitencier pour plus de deux ans cette fois», ajoute la procureure de la Couronne.

Le juge Boudreault n’a pas hésité à recommander que l’accusé soit envoyé à Pinel pour un examen de 60 jours. Il estime avoir les éléments nécessaires entre les mains pour ordonner cette évaluation.

«Vous avez plaidé à une kyrielle de chefs d’accusation qui ont eu lieu sur des périodes distinctes, dont des crimes contre la personne. Vous avez fait ça avec le désir d’obtenir des faveurs sexuelles», analyse le magistrat.

«Il s’agit d’une situation très préoccupante et cela en est presque traumatisant lorsque l’on tient compte de vos antécédents judiciaires. J’accepte la demande du ministère public de vous faire évaluer», a tranché le juge Boudreault.

En défense, Me Roseline Bouchard-Zee ne s’est pas opposé à l’évaluation de son client.

Advenant le cas où Raphaël Boudreault est identifié comme délinquant à contrôler ou dangereux, le tribunal lui imposera une peine de pénitencier et il sera ensuite suivi durant des années pour s’assurer qu’il ne commet pas d’infractions.

Antécédents

En 2015, la juge Micheline Paradis avait effectivement envoyé Boudreault derrière les barreaux pour des histoires d’attouchements sexuels sur des mineures de moins de 16 ans. Il s’était vu imposer une probation de trois années. Une des conditions était qu’il ne pouvait se trouver en présence de mineurs de moins de 16 ans, à moins d’être accompagné d’un adulte au courant de ses démêlés judiciaires.

L’accusé était sorti de détention en octobre 2016. Un peu plus d’une année plus tard, le client de Me Roseline Bouchard-Zee a récidivé en approchant des jeunes filles de deux écoles secondaires du territoire de Chicoutimi.

Dès l’instant où il agissait ainsi, il brisait ses conditions de remise en liberté. Mais l’agresseur sexuel ne s’est pas contenté de ça. Il est allé plus loin en posant des gestes à caractère sexuel sur des jeunes filles de 13, 14 et 15 ans.

Bon ami

Après avoir commis des attouchements dans le haut du Lac-Saint-Jean, Boudreault s’est installé dans un appartement à Jonquière.

Selon les faits révélés au tribunal, l’accusé s’est approché de plusieurs jeunes d’une école polyvalente du secteur Chicoutimi.

Installé dans sa Toyota Corolla rouge, il discutait avec les jeunes étudiants et étudiantes en dehors des limites de l’école.

«Il offrait des cigarettes, des stupéfiants et de l’alcool, et proposait souvent de reconduire des jeunes à divers endroits. Il faisait toujours tout ça gratuitement», mentionne Me Ouellet.

«À plusieurs occasions, il profitait du fait qu’une adolescente se trouvait sur le siège avant pour mettre sa main sur les cuisses. Il a même touché la vulve d’une des victimes.»

«Il lui est aussi arrivé d’amener une victime chez lui. Il a pris sa douche et en est sorti en boxer. Dans le lit, il a touché la jeune fille et a eu une relation sexuelle complète avec elle. Cette relation semblait être désirée, sauf que l’adolescente ne pouvait consentir à l’acte en raison de son âge [15 ans]», de dire la représentante du ministère public.

Raphaël Boudreault a utilisé divers stratagèmes afin d’attirer les jeunes filles sous son joug. Il a tenté de se faire passer pour un individu de 17 ans et a demandé aux adolescentes de dire qu’elles avaient 17 ans afin de démontrer qu’il ne brisait pas ses conditions de probation.

«Il a même menacé les jeunes filles qu’il était pour se suicider si elles refusaient de lui parler sur les réseaux sociaux ou d’aller le voir. Il disait aux adolescentes de laisser leur copain, car il était en amour. Il faisait croire que sa relation était exclusive avec chaque adolescente», poursuit Me Ouellet.

Pour la quatrième victime, il a tenté de l’embrasser, mais la jeune fille a refusé. Il lui a tout de même pris la tête pour la forcer à l’embrasser.

Raphaël Boudreault, qui a complété deux diplômes d’études professionnelles en foresterie et en mécanique industrielle, est incarcéré depuis le 6 avril.