Délinquance sexuelle: deux ans pour Claveau

Le septuagénaire Rénald Claveau, de Saint-Félix d’Otis, écope d’une peine de deux années de détention pour avoir touché les parties génitales d’une enfant de sept ans. Comme il a purgé l’équivalent de 303 jours en détention préventive, il lui en reste 427 à faire.

Le juge Mario Tremblay, de la Cour du Québec du Palais de justice de La Malbaie, a reconnu l’homme coupable d’agression sexuelle et de mauvais entreposage d’armes à feu, le 3 décembre 2018. Il a rendu sa sentence le 21 janvier 2019.

Claveau est coupable d’avoir touché la vulve de l’enfant durant quelques secondes. Le septuagénaire a prétendu avoir agi dans un contexte d’hygiène corporelle. Le juge ne l’a pas cru.

L’élément essentiel du litige réside dans la crédibilité de l’accusé et de la victime. L’homme de 72 ans ne nie pas les gestes.

Le tribunal doit déterminer si le geste a été posé dans un contexte ou une fin dénuée de connotation ou de gratification sexuelles.

Au moment où elle a été interrogée sur vidéo par l’enquêteur, la petite a déclaré que l’homme avait touché à ses parties intimes, « touché à sa fleur, gratté et lavé sa pitoune ».

Toujours dans l’entretien, l’enfant a précisé que l’accusé avait tassé sa bobette, utilisé une débarbouillette et l’a gratté avec un doigt.

Juin 2018

Les événements reprochés à Claveau ont eu lieu à l’été 2018. La famille de l’enfant a accepté qu’elle se rende au chalet du septuagénaire, étant donné qu’une autre enfant devait être présente. Mais cette autre fillette de 10 ans ne s’y est jamais rendue.

Le 22 juin 2018, au moment où l’enfant et l’accusé se préparent à aller au « petit lac » pour une baignade, Claveau remarque que l’enfant a les pieds sales et entreprend de les laver.

Sachant que l’enfant n’est pas encore propre et qu’il porte une couche lorsque vient le temps d’aller au lit, Claveau remarque une odeur d’urine.

« Il demande alors à la victime de se laver, mais celle-ci lui répond qu’elle ne l’a jamais fait. Il lui dit qu’il va le faire pour cette fois. Il reconnaît avoir passé 2-3 coups en dessous de son maillot pour une durée de quelques secondes », résume le magistrat.

Le pot aux roses a été dévoilé lorsque la jeune fille a discuté au téléphone avec sa maman, dont elle s’ennuyait beaucoup.

Durant la conversation, l’enfant a avoué candidement à sa mère que l’accusé avait touché ses parties intimes.

Claveau a bien entendu le propos et a répliqué que ce n’était pas bien de mentir, mais sans plus.

Ce n’est que le lendemain que l’accusé a compris que la petite venait de parler de l’événement où il lui avait lavé les parties intimes.

Le juge trouve d’ailleurs étonnant que l’accusé ne comprenne que le lendemain à quoi faisait référence l’enfant, surtout que ça venait à peine de se dérouler.

témoignages

Dans son analyse de cette affaire, le juge Tremblay précise que l’accusé et la victime ont bien témoigné et ont démontré une bonne capacité de se remémorer les faits et de les rapporter.

Le tribunal a entendu et observé une jeune victime, très vive d’esprit et très intelligente. Le magistrat ajoute que son témoignage est crédible.

De plus, la petite victime et sa mère confirment qu’il est vrai que l’enfant dort encore avec une couche, car elle n’est pas propre au lit.

Mais elles ajoutent que la victime lave, sans aide, ses parties intimes, contrairement à ce qui a été déclaré par l’accusé.

Le juge ne croit pas la version de l’accusé. Il s’interroge sur le fait que l’accusé choisisse ce moment, juste avant d’aller au petit lac, pour faire la toilette de l’enfant.

Le tribunal rejette aussi le fait que l’accusé dit avoir eu une discussion sur l’hygiène corporelle, car jamais la victime n’en a dit mot.

« Le tribunal croit que l’accusé a inventé, après l’événement, cette histoire d’odeur et de lavage pour tenter de justifier son geste. Le tribunal est convaincu que la poursuite a rencontré son fardeau de preuve et établi hors de tout doute raisonnable la culpabilité de l’accusé aux deux chefs d’accusation », conclut le juge Tremblay. Claveau devra fournir un échantillon d’ADN et devra s’inscrire au registre des délinquants sexuels pour 20 ans.