Raphael Boudreault se trouvera sous surveillance durant cinq années, à titre de délinquant à contrôler, une fois sa peine de quatre années de pénitencier terminée.

Délinquance sexuelle: 48 mois pour Boudreault

Le Jeannois Raphael Boudreault reconnaît avoir besoin d’aide pour venir à bout de sa problématique sexuelle. Il accepte donc d’être déclaré délinquant à contrôler pour une période de cinq années, qui sera effective à la fin de sa peine de 48 mois de pénitencier.

L’individu qui aura bientôt 24 ans avait plaidé coupable en novembre dernier à 13 dossiers d’attouchements sexuels, de bris d’ordonnance, d’entrave à la justice, de trafic de stupéfiants et à de possession de drogue.

Lundi matin, le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune de Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et de Me Roseline Bouchard-Zee, en défense. Comme l’accusé a déjà passé 16 mois en détention préventive, il lui reste 32 mois à faire.

Durant près d’une année, Boudreault s’est tenu à proximité d’écoles secondaires et en a profité pour approcher des jeunes filles. À bord de son véhicule, il les a fait monter pour une balade, où il en a profité pour mettre sa main sur les cuisses des jeunes filles de moins de 16 ans, tout en s’approchant des parties intimes de celles-ci.

Avec une de ses victimes, il est allé jusqu’à avoir une relation sexuelle complète. Avec une autre, il s’est retrouvé couché à côté d’elle et a mis son pénis contre les fesses de l’adolescente. Celle-ci s’est levée et a quitté les lieux.

« Je regrette sincèrement avoir commis des gestes envers ces filles et de ne pas avoir suffisamment réfléchi avant d’entretenir des liens avec ces jeunes filles d’âge mineur. Je m’imagine être à leur place et d’avoir subi les procédures judiciaires, j’en suis sincèrement désolé », a lancé l’accusé.

« Je sais que j’ai fait des choses inacceptables, que j’ai beaucoup de travail à faire sur moi. Avec toute l’aide que j’aurai à ma disposition, je vais l’utiliser. Et je sais que je vais m’en sortir, car je suis jeune et déterminé, surtout que ma famille et ma conjointe sont là pour m’épauler et me suivre dans mon cheminement », a précisé Raphael Boudreault, avant de recevoir sa peine.

Une des victimes de l’agresseur sexuel a avoué être rendue nerveuse, a perdu confiance en elle et a même peur de le revoir, tout en précisant qu’elle ne veut plus jamais avoir de contacts avec lui.

Délinquant

En étant étiqueté comme délinquant à contrôler, Boudreault se trouvera sous la supervision de la Commission des libérations conditionnelles à sa sortie de détention. Il devra se soumettre aux exigences des commissaires.

Le client de Me Bouchard-Zee aurait pu demander une contre-expertise à celle de la Couronne, mais il a rapidement reconnu avoir une problématique et souhaite la régler.

« La peine accordée était appropriée en raison de ses antécédents en semblable matière (22 mois en 2015). Mon client a accepté la demande de la Couronne pour être délinquant à contrôler. Mais il reconnaît la problématique et est prêt à la travailler », a noté Me Bouchard-Zee.

Il faut savoir que Raphael Boudreault a utilisé essentiellement le même stratagème en 2015 à Sainte-Jeanne d’Arc. Il rôdait près de l’école élémentaire et avait convaincu des jeunes filles de huit et neuf ans de le suivre en voiture.

Il les avait même amenées au sous-sol de la maison pour y commettre des actes à caractère sexuel.

Le juge Boudreault a conclu le passage de l’individu devant le tribunal en disant qu’il s’agissait d’une bonne chose que l’accusé ait accepté les conclusions du psychiatre de l’Institut Pinel, de Montréal.

« Je suis très heureux, autant pour vous que pour la société, que nous n’ayons pas eu à nous rendre à ce que vous soyez déclaré délinquant dangereux. »

« Je n’ai aucune hésitation à accepter la suggestion commune de quatre années de pénitencier, car c’est possiblement ce que j’aurais donné. Quant au fait d’être délinquant à contrôler, j’en serais aussi arrivé à cette conclusion », a résumé le magistrat.