Les enfants d’une défunte résidante de la Villa Saint-Dominique intentent une poursuite de plus de 210 000 $ à la suite du décès de leur mère.

Décès de leur mère: les héritiers réclament plus de 210 000 $

Marie-Ève Bélanger est décédée le 7 septembre 2017, à l’âge de 87 ans, après avoir reçu la mauvaise médication. Ses héritiers intentent une poursuite de 212 900 $ contre la direction de la Villa Saint-Dominique, une préposée aux bénéficiaires, le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean et la compagnie Intact Assurance à la suite de cette erreur fatale.

Le Progrès a obtenu une copie de la poursuite que Me Éric Lebel a fait parvenir à la Cour supérieure du Québec (chambre civile), au nom des enfants de la défunte, Reine, Roger, Sylvie, Lisa, Jean-Noël et Serge Girard. Les héritiers réclament chacun 30 000 $ à titre personnel, le remboursement du loyer du mois de septembre 2017, qu’elle n’a pas habité, soit 1425 $, et 31 476,76 $ pour les douleurs subies durant l’hospitalisation de leur mère.

Les malheurs de la dame ont commencé le 1er septembre 2017, quatre jours avant de célébrer son 87e anniversaire de naissance.

les faits

Mme Bélanger occupe une chambre à la Villa Saint-Dominique, à Jonquière, depuis 2016. Elle souffre de problèmes d’hypotension – pression artérielle plus basse –, ce qui oblige les dirigeants à distribuer la médication à la cliente et à assurer un suivi serré de sa pression artérielle.

« Le 1er septembre 2017, à 7 h, Mme Bélanger reçoit, par la faute de la préposée aux bénéficiaires, la médication d’un autre résidant de la Villa Saint-Dominique. Vers 8 h 05 le même jour, Mme Bélanger informe l’infirmier qu’elle est prise d’un fort malaise et qu’elle doute que la bonne médication lui a été distribuée », est-il écrit dans la poursuite.

Une prise de la tension artérielle est demandée et au retour de l’infirmier, la vieille dame a vomi abondamment dans sa chambre et a perdu connaissance. Quelques minutes plus tard, vers 8 h 34, les ambulanciers la transportent vers l’hôpital de Jonquière.

Les médecins se rendent compte que Mme Bélanger a reçu par erreur des médicaments servant à réduire la tension artérielle, alors que celle de l’octogénaire est déjà basse.

« Cela a des effets catastrophiques sur l’état de santé de Mme Bélanger. L’équipe traitante soupçonne une ischémie mésentérique en raison des symptômes et de la connaissance de la faute dans la distribution des médicaments », est-il ajouté dans le document.

L’état de santé de la patiente ne cesse de se dégrader jusqu’à son décès le 7 septembre 2017 à 4 h 05.

les fautes

Dans la poursuite, la famille de Mme Bélanger impute la responsabilité à la préposée aux bénéficiaires, qui a commis directement une faute grave en distribuant la mauvaise médication, et à la Villa Saint-Dominique à titre de commettante de l’employée.

Les dirigeants de la résidence pour personnes âgées n’ont pas, selon la poursuite, offert la formation adéquate à ses préposés.

Le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean est aussi visé par la poursuite, car c’est son rôle de veiller à la santé et au bien-être de la population.

Toujours selon la poursuite, l’institution doit aussi s’assurer de conclure des ententes de collaboration avec chaque résidence privée afin d’établir les conditions d’exercice des préposés dans l’administration des soins et dans la distribution des médicaments.

La famille réclame aussi le remboursement du loyer du mois de septembre 2017, que la Villa Saint-Dominique a encaissé, même si la résidante se trouvait à l’hôpital.

Enfin, les héritiers demandent le paiement des frais funéraires de 1476,76 $ et une somme de 31 476,76 $ pour le stress et les épisodes angoissants qui leur ont occasionné des souffrances morales et psychologiques liées à leur impuissance et au fait d’avoir perdu leur mère dans ces circonstances.