L'agent Maxime Gobeil de la Sûreté du Québec fait face à trois accusations de conduite dangereuse ayant causé la mort.

Début de l'enquête préliminaire du policier Maxime Gobeil

L'enquête préliminaire du policier Maxime Gobeil, de la Sûreté du Québec, a débuté, mercredi, au Palais de justice de Roberval.
L'agent Gobeil, qui fait face à trois chefs d'accusation de conduite dangereuse ayant causé la mort, a écouté attentivement les propos des témoins du Ministère public. Crayon à la main, il a pris des notes constamment.
Le véhicule semi-banalisé que conduisait le policier de la Sûreté du Québec, le 18 juillet 2015, a heurté de plein fouet une voiture à bord de laquelle prenaient place Louiselle Laroche, Cécile Lalancette et Georges Martel. Ces personnes circulaient dans le secteur de Mistassini pour se rendre à des funérailles.
L'agent de 32 ans est demeuré concentré et attentif, bien qu'il démontrait quelques signes de nervosité. Mais il ne bronchait pas lorsqu'il entendait le récit des événements. Deux policiers à l'emploi du Service de police de Québec ont défilé à la barre. L'un d'eux agissait à titre de reconstitutionnniste en enquête collision. Un ingénieur a aussi été entendu.
Jeudi, le Directeur des poursuites criminelles et pénales, représenté par Me François Godin de Québec, compte faire entendre des témoins civils.
L'enquête préliminaire est frappée d'une ordonnance de non-publication, de sorte qu'aucun élément de preuve qui a été dévoilé ne peut être rendu public. Celle-ci est censée se terminer jeudi, en fin de journée. 
Le juge de la Cour du Québec, Michel Boudreault, devra ensuite déterminer si la preuve recueillie est suffisante pour citer ou non l'accusé à procès.
S'il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, le policier s'expose à une peine maximale de 14 ans d'emprisonnement. À la suite des événements, Maxime Gobeil a été relevé de ses fonctions avec solde.
Au stade de l'enquête préliminaire, tant les procureurs de la poursuite que de la défense se sont refusés à tout commentaire.
Étienne Martel a perdu son père et sa belle-mère, le 18 juillet 2015.
« Il faisait son devoir »
Étienne Martel a perdu son père Georges Martel et sa belle-mère Louiselle Laroche lors de l'impact fatal. Il aura parcouru des milliers de kilomètres pour assister à l'enquête préliminaire de l'agent Gobeil.
« Mon père, ç'a été mon mentor et je tenais absolument à descendre de l'Alberta pour savoir ce qui s'est réellement passé. Je me retiens toujours pour ne pas pleurer. On essaie de garder un bon moral quand même. »
Bien qu'il désire que justice soit rendue, M. Martel a souhaité un bon courage au policier, qui fait face à de sérieuses accusations. « C'est une tragédie. Ce n'est pas un policier qui est rentré dans une école avec une arme et qui a ouvert le feu sur tout le monde. Il faisait son devoir. »
Ému, il était tout de même serein lorsqu'il a accepté de s'adresser aux médias, à sa sortie de la salle d'audience. « Qu'une peine lui soit imposée, ce n'est pas un voeu en particulier. On va laisser la justice suivre son cours et on va accepter, peu importe la décision. C'est sûr que ça ne nous ramènera pas nos êtres chers. »
Étienne Martel salue la décision qui a été prise par l'état-major de la SQ, quelques mois après les événements, pour mieux encadrer l'utilisation des véhicules semi-banalisés et semi-identifiés. En effet, le corps de police demande maintenant à ses patrouilleurs de ne plus répondre à des appels d'urgence s'ils roulent à bord de ce type de véhicule.
« Je n'arrive toujours pas à réaliser comment les dirigeants de la SQ, depuis toujours, ont pu laisser les voitures fantômes circuler à haute vitesse en ville, à travers tous les gens qui circulent à pied. Ç'a n'aurait jamais dû être comme ça. On en voit les résultats aujourd'hui. La vitesse tue et personne n'est à l'abri d'une telle tragédie. »