De victime à accusée?

Jean-Michel Boily, un Chicoutimien de 27 ans, a reçu une sentence suspendue de deux années après avoir plaidé coupable à des accusations de voies de fait sur son ex-conjointe. Cette victime pourrait cependant subir les foudres de la justice à son tour pour avoir poussé le bouchon un peu trop loin.

L’histoire de Boily remonte à quelques mois déjà. Il avait signifié sa rupture avec la dame de 42 ans, mais celle-ci ne pouvait se résoudre, semble-t-il, à vivre sans lui.

Sachant très bien que l’homme, dont les intérêts étaient défendus par Me Pierre Gagnon, ne pouvait être en contact avec la plaignante à la suite d’une première plainte, celle-ci lui a tout de même donné rendez-vous dans un restaurant de Place du Royaume.

À peine assis, Boily a reçu les invectives de la dame, qui l’a traité de tous les noms. Il a décidé de quitter la table. La plaignante l’a quand même suivi et a continué de l’insulter.

À un moment donné, l’accusé s’est tourné et s’est dirigé vers la dame. Il l’a prise par le derrière du cou pour lui faire savoir qu’il en avait assez.

Immédiatement, la victime s’est jetée au sol.

Rapidement, elle a porté plainte, allant jusqu’à dire que son ex-conjoint l’avait frappée à coups de poing.

« Elle lui a tout simplement tendu un piège », a plaidé Me Pierre Gagnon, lors d’une intervention auprès du juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec.

Jean-Michel Boily a été arrêté et a raconté sa version des faits aux policiers. Comme l’histoire ne correspondait pas, les enquêteurs du Service de police de Saguenay ont retracé les bandes vidéo de la scène. Ils ont vu le geste de l’homme de prendre la dame par le cou, mais n’ont jamais remarqué de coups de poing.

L’histoire ne s’arrête cependant pas là. Boily s’est retrouvé attablé dans un bar de Chicoutimi avec des amis lorsque la même plaignante s’y est présentée. À sa sortie de l’établissement, elle a déposé une plainte aux agents pour harcèlement criminel et menaces.

Les policiers ont enquêté et se sont aperçus que l’accusé n’avait jamais eu de contact avec la plaignante ce soir-là, version corroborée par les amis de Boily, qui se trouvaient sur les lieux.

Le client de Pierre Gagnon a décidé à son tour de porter plainte pour méfait public (fausse plainte), dossier qui est toujours à l’étude et qui pourrait mener à des accusations contre la dame.

Elle a aussi fait parvenir environ 300 textos en 48 heures à la nouvelle amie de coeur de Boily afin de lui dépeindre un portrait peu flatteur de son copain.

« La veille du procès, elle a écrit à mon client lui disant qu’elle avait pris la décision de ne pas venir témoigner souhaitant que les accusations tombent contre M. Boily. Elle voulait qu’il retire sa plainte à son endroit. J’ai appris que ce n’était que de la manipulation, car elle n’avait jamais été convoquée au tribunal pour témoigner », a exprimé Me Gagnon.

Malgré tout, Jean-Michel Boily est le seul à avoir été puni pour l’instant. Il doit se tenir tranquille pour deux années et ne plus avoir de contacts avec la dame. Et il n’en veut plus, a-t-il fait savoir.

Quant à la dame, la plainte a été déposée aux policiers de Saguenay et le dossier est à l’étude. L’affaire pourrait être transmise au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui déterminera si des accusations seront déposées.