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De la rage au volant à 81 ans

Un homme de 81 ans, sans antécédent judiciaire et sans histoire, a obtenu une absolution inconditionnelle du tribunal pour un cas de rage au volant. Il a donné un coup de bâton à un autre automobiliste, qui l'avait invectivé parce qu'il trouvait que l'octogénaire conduisait trop lentement à son goût.
Marc-Aurelle Coulombe, un enseignant à la retraite, a plaidé coupable, dès sa comparution, jeudi matin, devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, pour des voies de fait armées.
L'événement s'est produit le 27 mai dernier dans une rue de Jonquière. L'accusé est au volant de son véhicule et s'assure de respecter la limite de vitesse. 
S'il se trouve dans une zone de 30 kilomètres à l'heure, il roule à cette vitesse. Même chose à 50 et à 70 km/h. 
« Mon client ne veut pas perdre son permis de conduire. Il conduit prudemment et évite de dépasser les limites de vitesse », explique son avocat, Me Luc Tourangeau.
M. Coulombe circule donc dans une rue de l'arrondissement et est suivi de près par le véhicule de la victime. À quelques occasions, l'octogénaire applique les freins. Si cela semble exaspérer la victime, l'accusé veut plutôt lui signifier qu'il est suivi de trop près.
« Il ne voyait pas les phares du véhicule », note son avocat.
Au bout d'un moment, M. Coulombe s'arrête en bordure de la route. 
« La victime s'est alors approchée et l'a invectivé. L'accusé a alors pris un petit bâton, qu'il garde sous son siège, et est sorti de la voiture. Il s'est dirigé vers le véhicule de la victime et lui a donné un coup sur le bras », a expliqué Me Mélanie Paré, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales.
« Une altercation physique s'en est suivie et la victime a tiré sur le bras de l'accusé pour tenter de lui enlever le bâton. Il a ensuite reculé son véhicule, pris le numéro de plaque et a porté plainte à la police », a relaté Me Paré.
L'homme de 81 ans, qui a souffert de brûlure au bras lorsqu'il a été tiré vers l'intérieur de la voiture, a dit à son procureur qu'il avait eu peur et qu'il ne savait pas ce qu'il devait faire. Surtout qu'il se demandait ce qu'il avait pu faire de travers si ce n'est que de respecter la limite de vitesse.
« Mon client a paniqué. Il a fait l'erreur de croire que l'autre partirait s'il sortait de sa voiture. »
« Il a trouvé le processus judiciaire difficile. Il était stressé et impressionné. Il a été malade avant d'arriver au palais de justice », a conclu Me Tourangeau.