La procureure de la Couronne, Me Julie Villeneuve, a remis en question la crédibilité de l’accusé.

De la légitime défense

L’avocat de la défense, Me Louis Belliard, et la procureure de la Couronne, Me Julie Villeneuve, ont tous deux livré leur plaidoirie au jury chargé de décider du sort de Rodrigue Boivin, accusé d’homicide involontaire à l’endroit d’Évans Robertson, mercredi, au Palais de justice de Roberval. Les événements reprochés remontent au 31 août 2016 dans la résidence de la victime à Mashteuiatsh.

Me Belliard a invoqué la légitime défense en démontrant que son client se serait senti menacé par Évans Robertson. C’est pourquoi il lui aurait asséné plusieurs coups de poing au visage.

M. Robertson l’attendait de pied ferme, debout, dans sa chambre à coucher, une barre de métal à la main, d’après Me Belliard. La conjointe de l’époque de l’accusé, Candy Moar-Dominique, dormait sur le lit de la victime, après avoir consommé une quantité importante d’alcool. Lors de son témoignage, celle-ci avait affirmé qu’elle s’était réveillée en sursaut après avoir entendu un bruit sourd.

« Le premier sens qui s’est réveillé [chez Mme Moar-Dominique], c’est son ouïe. C’est la barre de fer [que tenait M. Robertson dans ses mains] qui, en tombant, l’a réveillée », croit Me Belliard.

L’avocat a présenté une série d’agrandissements de photos prises par les policiers et les enquêteurs sur la scène de crime pour tenter de prouver que la victime n’était pas assise lorsqu’elle a reçu les coups. À savoir si l’accusé a utilisé une force excessive pour « se défendre », c’est au jury de décider selon lui.

Rappelons que Rodrigue Boivin est aussi accusé d’introduction par effraction et de voies de fait à l’endroit de Mme Moar-Dominique.

La colère l’emporte
Dans une plaidoirie brève et concise, l’avocate de la Couronne, Julie Villeneuve, a remis en doute la crédibilité de l’accusé. Avant la tenue de ce procès, Rodrigue Boivin n’aurait jamais mentionné la légitime défense. Il aurait pourtant eu plusieurs occasions de le faire, selon Me Villeneuve.

« Dans son témoignage, M. Boivin dit qu’il va à reculons en traînant Candy Moar-Dominique [pour la sortir de la maison] parce qu’il a peur, mais pourquoi la laisse-t-il à l’extérieur […] alors qu’il savait que la victime était inerte dans sa chaise ? », a-t-elle fait valoir.

Il ne fait pas de doute, d’après la Couronne, que les experts entendus cette semaine confirment le témoignage de Mme Moar-Dominique voulant que Rodrigue Boivin a porté « des dizaines de coups » à la victime alors qu’elle était assise sur une chaise.

« Lors de sa plaidoirie, Me Belliard a même reconnu qu’il pourrait y avoir eu des coups portés dans la chaise, on se trouve donc à l’extérieur du cadre de légitime défense », a-t-elle exposé.

Le juge Serge Francoeur doit présenter ses directives jeudi matin, après quoi les délibérations du jury vont commencer.