David Gilbert est âgé de 26 ans. Il risque huit ans de pénitencier pour un deuxième vol qualifié commis au printemps 2018.

David Gilbert risque huit ans de pénitencier

Le récidiviste David Gilbert, reconnu coupable de vol qualifié par un jury en novembre dernier, risque huit ans de pénitencier. La Couronne demande une lourde peine pour le jeune homme de 26 ans, qui a commis un deuxième vol à main armée, 73 jours après avoir terminé de purger quatre ans de pénitencier, sentence pour un premier vol commis alors qu’il était à peine majeur. La défense demande quant à elle deux ans moins un jour de détention, estimant que David Gilbert est assez jeune pour se réhabiliter et devenir un actif pour la société.

David Gilbert est détenu depuis 21 mois, après qu’il ait été appréhendé pour un vol qualifié commis en compagnie de deux complices, dans un dépanneur de Jonquière, le soir du 3 avril 2018. Gilbert niait son implication, mais les 12 jurés l’ont déclaré coupable au terme d’un procès qui a eu lieu au début du mois de novembre. Gilbert a été reconnu coupable d’avoir été l’instigateur du vol et d’avoir tenu l’arme qui a servi à dérober le contenu du tiroir-caisse et des « gratteux ».

Durant son procès, le jeune homme avait sorti une défense d’alibi, qui n’a pas été crue par le jury, surtout que cet alibi n’avait jamais été évoqué avant le procès.

C’est d’ailleurs l’un des facteurs aggravants dans le cas de David Gilbert, selon la procureure de la Couronne, Me Nicole Ouellet, qui demande au juge de la Cour supérieure, Richard Grenier, de sentencier lourdement le jeune accusé.

Il faut dire que David Gilbert a écopé d’une première peine de quatre ans de pénitencier (la peine minimale dans le cas d’un vol qualifié) à l’âge de 18 ans.

Le rapport présentenciel de David Gilbert n’est pas très positif. « Le rapport parle d’un individu manipulateur », a souligné le juge Grenier.

La procureure de la Couronne, Me Nicole Ouellet, demande une lourde peine pour le récidiviste, affirmant qu’il a déjà eu la chance de se reprendre en main.

« On a voulu réhabiliter monsieur durant des années, mais il a été reconnu coupable de quatre introductions par effraction, de complot et de vol qualifié. Alors que le jury était en pleine délibération, monsieur a commis un manquement à la prison de Roberval. Le seul facteur atténuant de monsieur Gilbert, c’est son jeune âge », a noté Me Ouellet.

De son côté, Me Louis Belliard, qui représente les intérêts de Gilbert, estime que son client a encore le potentiel de revenir sur le droit chemin. Étant donné que le jeune homme a déjà purgé 21 mois de détention (environ 32 mois en temps préventif), cette demande est possible et respecte la peine minimale. L’avocat a fait entendre son client, mercredi, lors des observations sur la peine.

Le jeune homme a parlé de son adolescence difficile en centre jeunesse. « Je suis sorti à 18 ans, avec mes sacs de poubelles et un chèque de BS (aide sociale). J’avais juste mon secondaire 1. Je ne savais pas quoi faire, comment me comporter », a raconté David Gilbert. Il a alors incité deux mineurs à commettre un vol qualifié lorsqu’il avait 18 ans. Il avait attendu dans la voiture, mais a écopé de quatre ans de pénitencier. Il a commis son deuxième vol quelques mois après sa sortie du pénitencier.

« J’ai toujours été enfermé. Quand je suis dehors, je deviens la tête folle et je fais n’importe quoi. J’ai besoin d’aide, mais je n’en demande pas, car j’ai peur d’avoir l’air faible », a témoigné celui qui a donné quelques conférences musicales dans les écoles durant sa courte réhabilitation.

David Gilbert a affirmé en cour qu’il voyait son avenir en noir. « Le temps que j’ai perdu, je ne le rattraperai jamais de ma vie », a souligné le détenu. « J’aimerais étudier, avoir un emploi », a-t-il ajouté.

Me Louis Belliard demande au juge Richard Grenier d’encourager le potentiel de réhabilitation de son client. Il estime qu’une peine de deux ans moins un jour serait justifiée. Le magistrat s’est montré réticent à une telle affirmation.

L’avocat de la défense, Me Louis Belliard, croit au potentiel de son client et demande une peine de deux ans moins un jour.

« Il semble que tout ce que fait M. Gilbert, c’est de la faute aux autres. De plus, il a menti en cour et a poussé des témoins à venir mentir sur un alibi », a noté le juge Grenier.

David Gilbert connaîtra son sort le 25 mars prochain, alors que le juge rendra sa décision.