Le juge Guy Roy, du Tribunal administratif du travail du Québec.

CSRS: le juge exige des preuves d’un climat de terreur

Le juge Guy Roy, du Tribunal du travail du Québec, veut bien croire que les employés de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ont craint des représailles de l’ex-directrice générale Chantale Cyr, mais encore faudrait-il que les victimes viennent le dire.

Depuis le début de l’administration de la preuve de la CS des Rives-du-Saguenay, beaucoup d’allusions ont été faites sur le climat de terreur qu’aurait fait régner Chantale Cyr durant son court séjour de 18 mois à la tête de l’organisme.

Le procès de l’ex-directrice générale se poursuit devant le Tribunal administratif du travail du Québec au Palais de justice de Chicoutimi. Pendant les 10 premiers jours, Me Éric Lebel a fait valoir les éléments qui ont amené sa cliente, Chantale Cyr, à déposer des plaintes de harcèlement psychologique à l’endroit de l’organisme et de la présidente du conseil des commissaires, Liz Gagné. Et depuis cinq jours, c’est au tour de Me Jean-Claude Girard de tenter de convaincre le juge Guy Roy que les élus avaient les motifs nécessaires pour congédier Chantale Cyr de ses fonctions de directrice générale, notamment en raison de son comportement avec le personnel-cadre et les directeurs d’écoles.

Des directeurs qui ont été tassés n’ont pas apprécié le traitement qui leur a été réservé. Même chose pour du personnel déplacé, rétrogradé ou envoyé à d’autres postes. Cependant, rarement ils ont fait part de leur mécontentement à leur patronne ou ont porté plainte. Ils ont plutôt dit à des collègues qu’ils n’avaient pas apprécié les décisions de la DG.

« Depuis plusieurs jours, j’entends des gens me dire que des collègues leur ont fait part qu’ils n’étaient pas contents de la tournure des événements et qu’ils n’avaient pas apprécié la façon de faire de la directrice générale. Ce sont des propos rapportés. Je n’ai pas de confirmation de représailles. Que ceux qui les ont subies viennent me le dire », a mentionné le juge administratif.

« Je veux que ça avance. Je n’ai pas l’intention d’entendre tous les employés de la commission scolaire, mais s’il y en a qui ont des choses à dire au sujet de Mme Cyr, qu’ils viennent le dire. Qu’ils soient appelés comme témoins. Les propos rapportés par un collègue ne font pas foi de la vérité ou de preuve. Car ce n’est pas parce que c’est dit ou écrit que c’est vrai », a-t-il poursuivi.

Le juge y est allé d’un exemple. Selon lui, ce n’est pas parce qu’il écrit sur un document officiel qu’il a fait une sortie dans l’espace avec l’astronaute canadien David Saint-Jacques que c’est vrai pour autant.

Le juge Roy a précisé qu’il préside un procès en lien avec des plaintes de harcèlement psychologique déposées par Chantale Cyr et non pas sur des plaintes faites par le personnel.

Le magistrat comprend que Me Girard veut démontrer que l’attitude de l’ex-directrice générale n’a pas toujours été correcte envers le personnel. Il veut cependant entendre les gens qui ont été des victimes de Chantale Cyr.

Le juge a d’ailleurs dit d’un témoin de la CS qu’elle n’avait pas beaucoup de crédibilité à ses yeux, en lien avec une lettre qu’elle avait écrite et où elle reprochait l’embauche de consultants par la DG et la tenue inutile d’une enquête jury-comptable.

Le commentaire sur la crédibilité est arrivé lorsque le témoin n’a pu identifier un seul consultant engagé inutilement et ne savait pas ce qui était reproché à un cadre lors de l’enquête.