Me Éric Lebel prétend que les reproches faits à Chantale Cyr ne peuvent lui être attribués étant donné que ce n’est pas elle qui prenait les décisions.

CSRS : Chantale Cyr veut reprendre sa place

Les motifs invoqués pour résilier le contrat de Chantale Cyr à titre de directrice générale de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS) ne tiennent pas la route. Elle demande à réintégrer sa place.

Du moins, c’est ce qu’a laissé entendre Me Éric Lebel, lors de sa plaidoirie livrée au juge Guy Roy, du Tribunal administratif du travail, vendredi, en lien avec les plaintes de harcèlement psychologique, du congédiement illégal et des lésions professionnelles infligées à sa cliente.

Chantale Cyr a été embauchée en juillet 2016 au poste de directrice générale de la CSRS et a été congédiée moins de 18 mois plus tard, le 13 mars 2018. Une série de raisons ont été invoquées pour justifier la décision des commissaires, mais toutes réfutées par la principale intéressée. 

« Les lettres de congédiement du 9 janvier et du 13 mars ne sont que des prétextes, des tissus de mensonges. On a prouvé durant le procès que ces éléments étaient faux et on ne peut donc justifier un congédiement sur la base de fausseté », a mentionné Me Lebel.

Ce dernier mentionne que la situation vécue par sa cliente est en grande partie attribuable au retour de Liz Gagné, à la présidence de l’organisation en mai 2017. Mme Gagné voulait lui faire payer d’avoir relancé l’enquête juricomptable sur la situation au CFER (Centre de formation en entreprise et récupération).

« Ce qui s’est passé était sournois, s’est fait en cachette, par en dessous. L’idée de Liz Gagné était de se débarrasser de Chantale Cyr, car elle n’a pas apprécié que l’on relance l’enquête de 2014. Elle a même confirmé ses objectifs en en parlant à un tiers (présidente Commissions scolaire de la Baie-James), à qui elle a dit que c’était elle (Chantale Cyr) ou moi (Liz Gagné), mais que l’une des deux devait partir. Liz Gagné a voulu se venger de cette enquête », a poursuivi Me Lebel.

Durant sa plaidoirie, l’avocat de Mme Cyr a fait ressortir, ce qu’il estime, les nombreux points où sa cliente a subi du harcèlement de la part de la présidente. Il a notamment relevé qu’à la première réunion, Mme Gagné a levé les bras dans les airs, a donné un coup de coude à Chantale Cyr, l’a ignorée devant 150 personnes et n’a jamais rectifié les faussetés. 

« Tout ce qu’elle a fait a été de nuire à sa directrice générale et de l’humilier. Tout a déboulé lorsque la présidente a retiré tous les pouvoirs à ma cliente, ceux de pouvoir dépenser sans résolution et, surtout, de ne plus pouvoir faire d’affectation du personnel. Elle a été placée devant le fait accompli. »

« Ce n’est pas tout, Liz Gagné a menti aux commissaires. Ceux-ci avaient demandé à ce que l’on revienne à l’ancienne formule pour la délégation des pouvoirs, mais ce n’est pas la résolution que la présidente a présentée. Elle enlevait tous les pouvoirs à la directrice générale », a ajouté Me Lebel, tout en pointant la présidente assise au tribunal.

Le juge Guy Roy lui a d’ailleurs mentionné que c’était déplacé et vraiment pas nécessaire.

Me Lebel a aussi démontré que dix des témoins de la CSRS ont reçu des promotions, faites en cascades et non à la suite d’un concours, dont Johanne Allard (directrice générale pour cinq ans).

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LES ÉLUS ÉTAIENT PLEINEMENT JUSTIFIÉS

Me Jean-Claude Girard croit que le tribunal doit rejeter les plaintes de harcèlement psychologique et de congédiement illégal présentées par Chantale Cyr.

(SB) —Les commissaires de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS) étaient justifiés de résilier le contrat de la directrice générale Chantale Cyr étant donné qu’elle n’a pas été en mesure de prendre ses responsabilités relativement à la gestion de l’organisme. 

Me Jean-Claude Girard, avocat pour la CSRS, a demandé au juge Guy Roy, du Tribunal administratif du travail, de rejeter les plaintes de Mme Cyr pour harcèlement psychologique et congédiement illégal.

Me Girard a repris les grandes lignes du procès de 26 jours pour démontrer que les élus ont pris toutes les mesures nécessaires pour amener Mme Cyr à venir s’expliquer, mais que rien n’a été fait.

«Tout au long du procès, on a vu que l’ex-directrice générale s’est cachée derrière les résolutions du conseil des commissaires ou derrière les avis de ses directeurs. Il n’y avait jamais rien qui était de sa faute.»

«Selon la loi et selon son contrat de travail, elle est responsable de tout ce qui se passe au sein de la CSRS. Elle ne peut pas tenir pour acquis ce qu’un directeur va lui dire. Elle doit faire les vérifications et faire les suivis des dossiers. Elle avait la responsabilité totale de la gestion et des activités», a poursuivi l’avocat de la CSRS.

Relativement à la prétention de Chantale Cyr qui dit avoir été congédiée illégalement et en raison du fait qu’elle était en congé de maladie, Me Jean-Claude Girard estime que les élus ne pouvaient attendre plus longtemps.

Il a même présenté une décision judiciaire sur le sujet. 

«Nous ne pouvons créer un blocage au sein de l’organisation et empêcher son bon fonctionnement. De plus, Mme Cyr savait depuis le mois de janvier 2018 que son contrat serait résilié si elle ne venait pas s’expliquer. Elle aurait pu en parler à son avocat, et celui-ci aurait pu rencontrer les commissaires. Mais rien n’a été fait», a résumé Me Girard.

Sur le harcèlement psychologique, l’avocat de la CSRS prétend que c’est la présidente Liz Gagné qui a subi les attaques et les actions de Chantale Cyr après son arrivée à la tête de l’organisation, et non le contraire.

«Avant et après l’élection scolaire, Mme Cyr a convoqué trois séances spéciales du conseil des commissaires. Elle a mis son plan de l’avant. C’est elle qui est venue parler de l’affaire de la fille de Liz Gagné, qui a demandé une enquête sur l’éthique de la présidente et qui a relancé l’enquête juricomptable sur le CFER (Centre de formation en entreprise et récupération). Tout ça était dirigé contre Mme Gagné.»

«Ce n’est pas Mme Gagné qui a attaqué la directrice générale entre les mois de mai et d’août», dit-il.

Sur l’école du Millénaire, Me Girard a parlé d’improvisation et d’un projet monté en réaction à un commentaire de l’ancien député Serge Simard, qui voulait un projet sur son territoire.