Le criminaliste Me Charles Cantin ne sait plus quoi faire pour son client, qui est atteint de troubles mentaux sévères et qui ne cesse de briser ses conditions.

Criminel récidiviste avec des troubles mentaux: un « échec du système »

« Est-ce qu’on peut m’envoyer à l’hôpital à la place ? »

Jonathan Lapointe, qui souffre de troubles mentaux sévères, a une fois de plus été arrêté pour ne pas avoir respecté les règlements de la maison où il est hébergé.

Le jeune homme, détenu depuis quelques jours, n’en est pas à ses premières présences au Palais de justice de Chicoutimi. Chaque fois, la problématique de l’hébergement et de l’encadrement est avancée, puisqu’il ne semble y avoir aucune ressource adaptée à ses besoins. Il a donc fait de nombreux séjours en prison, puisqu’il brise ses conditions fixées par les tribunaux. Depuis sa majorité, il a écopé de peine de six mois, de 15 mois et de deux ans, entre autres.

Vendredi, il a brièvement comparu devant le juge Rosaire Larouche.

« Je n’ai rien fait de mal. C’est juste les règlements de la maison que je n’ai pas respectés », s’est défendu le jeune homme, atteint d’un trouble de déficit d’attention et d’hyperactivité (TDAH), de troubles de la personnalité et du syndrome Gilles de la Tourette.

Son avocat, Me Charles Cantin, a évoqué en cour les problèmes d’hébergement pour son client et admet qu’il ne pouvait procéder à son enquête sur remise en liberté, puisqu’il n’avait pas d’encadrement à proposer pour le moment. Son dossier a été remis à la semaine prochaine.

Mais le problème avec Jonathan Lapointe, c’est que ses séjours en détention ne se passent pas très bien. On lui a taxé ses médicaments par le passé et il doit être isolé des autres détenus pour ne pas être victime d’intimidation et de violence. Son avocat a expliqué qu’il avait déjà été victime d’une fracture au bras durant une détention.

D’ailleurs, Jonathan Lapointe a demandé au tribunal de l’envoyer à l’hôpital plutôt qu’en prison, vendredi, mais son souhait n’a pas été exaucé. Il devra donc retourner à Roberval en attendant qu’une solution soit proposée pour sa libération.

Ses parents, à bout de souffle, ont jadis fait des sorties dans les médias pour dénoncer le manque de ressources pour leur fils.

« C’est un exemple d’échec du système. Nous avons demandé une douzaine d’évaluations psychiatriques pour lui et les conclusions sont toujours les mêmes. Il n’y a pas de ressources adaptées pour lui au Saguenay-Lac-Saint-Jean. On n’est pas équipé pour lui ici, disent les psychiatres », a expliqué Me Cantin, quelque peu découragé. « Jonathan Lapointe est la quintessence de la désorganisation institutionnelle », a ajouté le criminaliste.

Les accusations se succèdent depuis ses 18 ans

L’un des derniers passages de Jonathan Lapointe devant les tribunaux remonte à 2017. À cette époque, il avait été accusé d’avoir montré ses parties génitales à des enfants. La problématique de l’absence d’une ressource répondant à ses besoins avait une fois de plus été évoquée.

Visiblement, aucune solution n’a encore été trouvée pour le jeune homme de 24 ans, qui a 22 pages d’antécédents judiciaires.

En 2015, il avait écopé d’une peine en société pour avoir entravé le travail d’une policière, en lien avec une histoire de cellulaire volé. La policière qui était intervenue auprès de lui s’était sentie menacée par le costaud individu.

En 2014, le jeune homme avait causé tout un émoi, au parc de la Rivière-du-Moulin, lorsqu’il avait dit avoir été attaqué par un ours. L’enquête avait démontré que cette histoire avait été inventée par le jeune homme, qui s’était lui-même infligé des blessures avec un couteau pour rendre son histoire plus crédible. L’individu, qui avait 19 ans à l’époque, avait écopé d’une peine de 15 mois d’emprisonnement.