Sylvie Petitpas fraudeusePhoto: Jeannot Lévesque

Couple d'aînés floués: 11 à 18 mois pour la fraudeuse

Sylvie Petitpas, celle qui a fraudé un couple d'octogénaires pour plus de 51 000 $, prendra officiellement le chemin de la prison, car la peine réclamée varie entre 11 et 18 mois.
L'accusée et son conjoint, Jonathan Bergeron, ont fait la belle vie entre le 20 juin et le 12 août 2015 aux frais de personnes âgées.
Bouteilles de champagne, bijoux, voiture, repas au restaurant, chambre d'hôtel et tournées dans les bars ont marqué ces sept semaines de bon temps pour le couple de fraudeurs.
Devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, Me Sabrina Tremblay, procureure de la Couronne, a demandé une peine d'emprisonnement variant de 15 à 18 mois, une probation de 24 mois et un suivi probatoire.
En défense, Me Jean-Roger Brodeur croit plutôt que 11 mois de détention seront suffisants, soit la moitié de la sentence imposée à Bergeron de 22 mois pour une fraude de plus de 5000 $ et une supposition de personne.
« Durant la période de la fraude, le couple a réalisé plus de 200 transactions, a fait 11 demandes d'augmentation de crédit et fait des achats à une dizaine de reprises dans des bijouteries. Ils ont joué aux machines à sous. Ils ont même acheté une auto et Mme Petitpas a payé l'immatriculation et la taxe de vente avec la carte de guichet », a résumé Me Sabrina Tremblay.
« La fraude s'élève à 51 660 $. Lorsque la victime s'est aperçue que quelque chose n'allait pas, il ne lui restait que 303 $ dans son compte. Ce sont les économies d'une vie qui y sont passées. Cet argent était le reliquat de la vente de la maison », a poursuivi la procureure de la Couronne.
Me Tremblay précise que l'accusée se sent, selon le rapport présentenciel, comme une victime dans cette affaire, qu'elle s'est fait prendre par son conjoint.
« Pourtant, elle a participé à ce jeu. Elle a utilisé la carte de guichet pour se choisir des bijoux. Elle en a profité. Elle s'est même fait passer pour la victime, notamment pour demander des augmentations de crédit. Le seul facteur atténuant, c'est le plaidoyer de culpabilité enregistré 18 mois après », a précisé Me Tremblay.
En défense, Me Brodeur a fait comprendre à sa cliente que sa défense de victimisation ne tenait pas la route, même si c'est son conjoint qui a été le maître d'oeuvre de cette aventure.
« Elle semble avoir compris. Dans la vie, un jeune ne comprend pas, un adolescent ne comprend rien, mais un adulte doit commencer à comprendre. C'est le cas de ma cliente », a lancé Me Brodeur, en précisant que les victimes devaient avoir remarqué quelque chose.
Sur ce point, le juge Hudon a répliqué rapidement sur le fait que c'est le propre d'une fraude et des fraudeurs que les victimes ne s'en rendent pas compte.
Le criminaliste a même avoué avoir été floué de plusieurs centaines de milliers de dollars.
« Ma cliente a utilisé la facilité. Celle-ci s'est présentée et elle n'a pas senti le besoin de poser des questions et de tout arrêter. »
« Mais là, elle sait qu'elle s'en va en vacances aux frais de l'État. Ce sera un congé forcé, mais elle doit y voir du positif. Comme Mme Petitpas est à moitié coupable, elle était comme la passagère dans cette affaire, elle devrait avoir la moitié de la peine de son conjoint (22 mois) », a conclu Me Jean-Roger Brodeur.