Coupable de voie de fait armée d’un crayon

Un homme souffrant de schizophrénie, de bipolarité et d’un trouble de personnalité, mais ayant été jugé responsable de ses actes, a pris le chemin de la prison après avoir plaidé coupable à une accusation de voie de fait armée d’un crayon, au Palais de justice de Chicoutimi. L’individu âgé de la soixantaine a tenté de poignarder une intervenante de la maison d’hébergement où il vivait, l’automne dernier.

L’individu n’en est pas à ses premières présences devant les tribunaux. Accusé de voies de fait et de menaces en 1995, 2001, 2009, 2011, 2012, 2013, 2015 et 2019, l’homme, qui est sous curatelle publique, a une fois de plus récidivé, à l’automne, cette fois contre une intervenante d’une maison d’hébergement où il logeait. Il a pris un crayon et a fait mine de poignarder l’intervenante, qui a paré le coup avec sa main. « Elle a tout de même été blessée à la main en se protégeant », a fait savoir le procureur du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Jean-Sébastien Lebel.

L’individu, qui prend une lourde médication pour ses problèmes psychiatriques, a subi une évaluation à l’Institut Philippe-Pinel, afin d’établir s’il était responsable de ses actes. Le rapport remis au tribunal était positif en ce sens.

Après discussions entre le DPCP et la défense, représentée par Me Jean-François Têtu, une suggestion commune de six mois de détention a été soumise à la juge de la Cour du Québec Micheline Paradis.

Étant détenu depuis son arrestation, en novembre dernier, l’individu a déjà purgé trois mois de façon préventive. L’homme a d’ailleurs demandé à la juge Micheline Paradis s’il allait pouvoir sortir avant, s’il « faisait bien ça ».

« Ça va dépendre de votre comportement, monsieur », a souligné la juge de la Cour du Québec.

« C’est la prison qui va le décider », a ajouté Me Têtu.

Après sa période de détention, le sexagénaire devra respecter une probation de trois ans. Il ne pourra pas entrer en contact avec l’intervenante.

« Vous savez de qui on parle, monsieur ? », a demandé la magistrate à l’accusé, après que le nom de la victime ait été prononcé dans les conditions.

« Je ne la replace pas », a répondu l’individu.

Lorsqu’il a finalement compris de qui il s’agissait, l’homme a affirmé que c’est plutôt elle qui « lui avait fait du trouble » et qu’il ne voulait plus lui parler de toute façon.