Le criminaliste Jean-Marc Fradette a accompagné son client Denis Gagnon au tribunal pour enregistrer les plaidoyers de culpabilité.

Coupable d’agressions sexuelles sur trois enfants

Le Chicoutimien Denis Gagnon connaîtra le sort que lui réserve la justice le 28 novembre, lui qui a commis des agressions sexuelles sur trois victimes entre 1984 et 2006.

L’individu de 53 ans a plaidé coupable, mercredi matin, devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, à ces actes répréhensibles commis sur trois enfants d’âge mineur qui ont croisé son chemin à un moment ou l’autre de leur vie.

Avant que la sentence ne soit rendue, les parties ont demandé la confection d’un rapport présentenciel et d’un rapport sexologique dans le but d’avoir le meilleur portrait possible de l’accusé.

Le client de Me Jean-Marc Fradette devait subir son procès sur une période de deux jours afin de faire entendre tous les témoins dans cette affaire.

Mais après de longues discussions avec son procureur, Gagnon a décidé de ne pas tenir le procès et d’enregistrer des plaidoyers de culpabilité à quatre des dix chefs d’accusation déposés contre lui.

Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a résumé les faits au juge Hudon. Selon ce qui a été raconté en cour, ce n’est pas la première victime de Gagnon qui a porté plainte, mais bien la seconde.

Lors d’une rencontre à l’été 2003, la jeune fille a mentionné qu’elle avait senti le doigt du monsieur dans son ventre.

À force de l’interroger et de lui demander de raconter ce qu’elle avait vécu, les parties ont pu se rendre compte que Gagnon avait plutôt mis son doigt dans le vagin de l’enfant, geste qui a été interrompu par l’arrivée d’une autre personne.

Malgré tout, l’accusé est retourné voir l’enfant et il lui a pris la main pour qu’elle touche son pénis.

Quant à la troisième victime, les gestes ont été posés en 2006. Gagnon lui a touché le vagin et la vulve à certaines occasions.

Pour sa part, la victime de 1984 n’avait jamais voulu porter plainte et ne voulait pas être considérée comme une victime. Elle a ensuite changé son fusil d’épaule, surtout après avoir appris l’existence des deux autres victimes de Denis Gagnon.

Cette personne, qui était âgée d’à peine neuf ou dix ans au moment des agressions, ne se souvient pas du nombre de fois que son agresseur l’a touchée.

Mais elle se souvient avoir dû faire une fellation à l’individu. Gagnon avait profité de l’occasion pour mettre sa main dans ses petites culottes. Il lui a fait des attouchements au niveau de la poitrine, bien qu’elle n’avait pas de seins à l’époque.

Cette victime, aujourd’hui adulte, a même quitté la salle de cour en pleurs lorsque les faits ont été relatés.

Une fois les plaidoyers de culpabilité enregistrés, Me Fradette a précisé qu’il était difficile d’identifier le nombre d’agressions que Gagnon aurait commises, mais qu’il ne pouvait remettre en question la véracité des témoignages.

« La troisième victime ne connaissait pas les deux autres et les deux premières victimes ne s’étaient jamais parlé des événements. Pourtant, tout le monde est arrivé avec des faits similaires », indique Me Fradette.

« Ça démontre que c’était crédible, d’autant plus que les victimes n’ont pas tenté d’en mettre plus que ce qu’elles avaient vécu », poursuit-il.

Sans vouloir s’en servir comme excuse, le criminaliste a précisé que son client avait été abandonné par sa mère à un jeune âge et avait été confié à l’adoption. Sa mère adoptive l’aurait protégé et infantilisé.

« Mon client ne se souvient pas toujours de ce qu’il a fait. Est-ce que c’est du déni ? Ou si cela est en raison de sa santé mentale ? Je crois que les deux rapports (présentenciel et sexologique) pourraient nous en apprendre beaucoup sur l’accusé », croit Me Jean-Marc Fradette.

L’homme pourrait être éligible à une peine en société, car les gestes ont été posés avant les amendements au Code criminel canadien de 2009. Mais avec trois victimes et la longue période où les gestes ont été posés, cette probabilité pourrait être plus difficile à obtenir.