Le major Éric Duquette a été reconnu coupable d’avoir empoigné les fesses d’une subalterne, à un party de Noël, en lui disant qu’elle était «fucking hot».
Le major Éric Duquette a été reconnu coupable d’avoir empoigné les fesses d’une subalterne, à un party de Noël, en lui disant qu’elle était «fucking hot».

Coupable d’agression sexuelle, le major Duquette a la confiance de son commandant

Le commandant de la 2e Escadre de Bagotville, le colonel Luc Girouard, a réitéré sa confiance en Éric Duquette, ce major reconnu coupable d’agression sexuelle, en novembre 2019. À l’étape des représentations sur la peine, qui se tenait mardi en Cour martiale de la base militaire de Bagotville, le colonel a témoigné qu’il serait à l’aise de placer des militaires sous les ordres du major, malgré le verdict de culpabilité rendu par le juge militaire Louis-Vincent D’Auteuil.

Le major Éric Duquette a été reconnu coupable d’agression sexuelle, d’abus d’une subordonnée et de conduite préjudiciable au bon ordre et à la discipline pour un événement survenu lors d’un party de Noël, en décembre 2018, à la 2e Escadre de Bagotville. Il a alors empoigné les fesses d’une militaire, qui était sa subalterne, en lui susurrant à l’oreille qu’elle était « fucking hot ». Mal à l’aise et bouleversée par les événements, la militaire en avait ensuite parlé à son supérieur, qui l’avait encouragé à porter plainte contre le major. C’est en novembre dernier qu’avait eu lieu son procès, devant le juge militaire, le lieutenant-colonel Louis-Vincent D’Auteuil.

Le major Éric Duquette a toujours nié avoir posé de tels gestes. Il est en congé maladie depuis le mois de novembre. La victime travaille maintenant sur une autre base militaire.

Mardi, les observations sur la peine ont débuté en Cour martiale, mais l’accès était restreint en raison des mesures sanitaires liées à la pandémie de COVID-19. Les journalistes ne pouvaient donc pas y assister, mais il était possible d’écouter les représentations via le Web.

La défense a notamment appelé le colonel Luc Girouard, commandant de la 2e Escadre de Bagotville, à la barre des témoins. Le colonel a témoigné que des clans s’étaient formés à la 2e Escadre depuis la mise en accusation du major, puisqu’Éric Duquette « est un homme bien connu et généralement apprécié ». L’esprit d’équipe en a d’ailleurs pris un coup, selon le commandant. À savoir s’il continue d’accorder sa confiance au major Duquette, le colonel a répondu oui. Il a aussi ajouté qu’il croyait que le major pourrait continuer à diriger des collègues. « Oui, je pense que oui », a répondu le colonel, lorsque questionné si les militaires auraient confiance en Éric Duquette si ce dernier devait les diriger.

« On a mis des gens sous ses ordres, des hommes, des femmes, et ça s’est toujours bien passé », a souligné le colonel Luc Girouard.

Il a ajouté qu’il n’avait pas perdu confiance en lui, malgré « cette erreur de parcours », a-t-il témoigné.

Il a toutefois affirmé que ce genre de comportements, à savoir les gestes d’inconduite sexuelle au sein de l’armée, devaient être éliminés.

La Couronne est d’ailleurs revenue sur cette question en contre-interrogatoire. L’avocat militaire a demandé au colonel si une femme avait le droit de se présenter à une fête sans se faire toucher les fesses sans son consentement.

« Oui, bien sûr », a répondu le colonel, ajoutant qu’il ne minimisait pas le geste posé. Il s’est d’ailleurs dit surpris lorsqu’il a appris que le major Duquette faisait l’objet d’accusation d’agression sexuelle. Toutefois, questionné par la Couronne sur sa relation avec Éric Duquette, le colonel Luc Girouard a convenu qu’il ne le connaissait pas dans l’intimité et qu’il a été promu commandant à l’été 2019, soit après les événements.

Il a aussi été question à plusieurs reprises de l’Opération Honnor, qui vise à éliminer les cas d’inconduite sexuelle au sein de l’Armée canadienne et des problèmes de consommation d’alcool du major.

La suite mercredi

Les observations sur la peine se poursuivront mercredi. Les deux parties plaideront pour la sentence qu’elles jugent appropriée. Il pourrait être question d’une amende ou d’une rétrogradation, par exemple. Ni la défense ni la Couronne n’ont toutefois encore précisé ses intentions.