Marc-Étienne Côté est représenté par l’avocat Sylvain Saint-Laurent.

Côté rappelé à l’ordre par le juge

Le juge Michel Boudreault de la chambre criminelle de la Cour du Québec n’entend pas à rire quand il est sur le banc et il l’a fait savoir sans détour lundi au prévenu Marc-Étienne Côté qui subit en ce moment son enquête préliminaire relativement à une accusation de meurtre au second degré sur la personne d’Israël Gauthier-Nepton.

L’intervention du juge est survenue quelques minutes après le début des témoignages dont le contenu est sous le coup d’une ordonnance de non-publication. À un certain moment, l’accusé a regardé en direction d’un citoyen qui prenait place dans la salle et lui a dit « t’as un problème avec moé ? » sur un ton qui en disait long sur son état d’âme à ce moment précis.

Le juge Michel Boudreault est intervenu une fraction de seconde plus tard par un « monsieur » bien senti à deux ou trois reprises. Il a par la suite invité l’accusé à s’adresser à son avocat quand il voulait adresser un message au tribunal. Sur un ton un peu plus bas, Marc-Étienne Côté a indiqué qu’il était l’objet d’intimidation.

La personne visée par l’intervention de l’accusé est le père de la victime. Ce dernier a quitté la salle après l’intervention de Marc-Étienne Côté.

Plus tard en journée, un paravent a d’ailleurs été installé à la demande du juge pour que leurs regards ne se croisent pas.

Il faut rappeler qu’Israël Gauthier-Nepton a été abattu d’une balle dans le dos au cours d’une rixe survenue le 20 novembre 2016 dans le secteur de la rue du Vieux Pont à Jonquière. Marc-Étienne Côté, qui se trouvait sur place, a été identifié par les policiers comme étant celui qui a ouvert le feu en direction de la victime dont le corps a été retrouvé dans le stationnement d’un immeuble à proximité de l’endroit où les coups de feu ont été tirés.

Marc-Étienne Côté a pris le large après cet événement et n’a été arrêté que dans la nuit du 5 au 6 août dans l’arrondissement Rosemont-La Petite Patrie à Montréal. Au moment de son arrestation au terme de cette cavale de neuf mois, Côté faisait partie des 10 criminels les plus recherchés au Québec.

L’enquête préliminaire de Côté a mis un certain temps à se mettre en branle, lundi matin. La défense, représentée par Me Sébastien Saint-Laurent de Québec, n’avait pas obtenu l’autorisation de l’Aide juridique pour le paiement des taxes de témoins. Dans le présent dossier, cette facture représentait plus ou moins 10 000 $. Normalement, puisque Côté bénéficie de l’Aide juridique, ce paiement aurait dû déjà recevoir une autorisation.

Les questions techniques ont finalement été réglées et le premier témoin a été appelé à la barre. Le juge Boudreault et les procureurs ont réservé cinq jours pour cette étape des procédures. La poursuite doit faire entendre six témoins, principalement des policiers et spécialistes. La défense a déjà annoncé 17 témoins qui défileront à la barre. Au terme de l’exercice, le juge devra citer ou non Côté à procès.