À sa première présence au Palais de justice de Chicoutimi, le 22 janvier 2019, Laurence Riverin-Desrosiers s’était assurée que son visage ne soit pas photographié.

Contrebande d'armes à feu: elle évite la prison ferme

La Jonquiéroise Laurence Riverin-Desrosiers évite de se retrouver derrière les barreaux, mais elle devra montrer patte blanche pour les 42 prochains mois.

La jeune femme de 23 ans a reconnu sa culpabilité, lundi matin, aux accusations de complot pour une cession d’armes à feu, de cession d’armes à feu et de possessions d’armes à feu sans posséder les permis nécessaires.

En janvier 2019, les policiers de l’Escouade régionale mixte (ERM) du Saguenay–Lac-Saint-Jean avaient intercepté le véhicule de Riverin-Desrosiers, de Jean-François Bergeron – pas le membre des Hells Angels – et du Montréalais Jordan Buissereth dans la Réserve faunique des Laurentides.

Les agents croyaient assister à une transaction de stupéfiants, mais sont plutôt tombés sur une transaction d’armes à feu. Les policiers avaient saisi neuf fusils, qui avaient été dérobés quelques mois auparavant au commerce Pro Nature d’Alma par Raphael Turcotte.

Durant la courte poursuite policière, un des individus avait lancé le sac contenant les armes dans le fossé. Les agents étaient parvenus à le retrouver.

Devant la juge Isabelle Boillat, de la Cour du Québec, la jeune femme de 23 ans, dont les intérêts étaient représentés par Me François Dionne, a plaidé coupable.

Me Marie Sirois, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Dionne ont soumis une suggestion commune de 18 mois de détention en collectivité et d’une période de probation de 24 mois, incluant une séquence de 12 mois avec suivi.

« Vous avez exprimé des remords et je les crois sincères. Vous allez avoir des conditions sévères à respecter, et ce, pour une bonne période. J’espère que vous allez profiter de cette période pour faire un trait sur votre passé, tout en vous concentrant sur votre futur », a lancé la juge.

Me Sirois a précisé que la collaboration de l’accusée a contribué à la suggestion commune.

« Elle a collaboré à l’enquête et au processus judiciaire. Nous en avons tenu compte », a précisé Me Sirois.

Du côté de Me Dionne, il a abondé dans le même sens relativement à la collaboration de sa cliente.

« Mme Riverin-Desrosiers venait de perdre son père et est tombée amoureuse de Jean-François Bergeron. C’est quand même elle qui a trouvé le contact avec Buissereth et qui l’a amené à contacter son conjoint pour les armes. Mais elle n’avait aucune idée du type d’armes qui était pour être vendues », de dire Me Dionne.

Laurence Riverin-Desrosiers était la dernière accusée à régler son dossier judiciaire.

Raphaël Turcotte, qui a volé 28 armes chez Pro Nature à Alma, a été condamné à sept ans et 10 mois de pénitencier, alors que Jean-François Bergeron a reçu une sentence de cinq années de détention. Steeve Béland, aussi impliqué dans cette affaire, a écopé de deux ans et huit jours de pénitencier, alors que Buissereth a été condamné à 21 mois.