Le Chicoutimien Mario Tremblay, 53 ans, est condamné à huit mois de prison pour avoir participé à une fraude bancaire de 23 000 $.

Condamné à huit mois de prison pour fraude bancaire pour un gang montréalais

Le Chicoutimien Mario Tremblay, 53 ans, prend le chemin de la prison pour les huit prochains mois pour avoir participé à une fraude bancaire de 23 000 $ au profit d'un gang de rue de Montréal.
L'individu de la rue William, à Chicoutimi, aurait préféré des travaux communautaires. Mais le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, n'a pu faire autrement que de tenir compte de sa feuille de route (9e condamnation), de l'importance de la fraude et de l'organisation entourant cette arnaque.
Le magistrat s'est rangé derrière la suggestion de Me Mélanie Paré (Couronne) qui réclamait neuf mois, alors que Me Jean-Marc Fradette, en défense, optait pour 240 heures de travaux communautaires.
En avril 2014, Tremblay se trouve dans une fâcheuse situation. Il a une importante dette de drogue à rembourser à des membres d'un gang de rue de la métropole.
Afin d'obtenir un remboursement et de pouvoir effacer la dette, un dirigeant lui transmet des informations sur l'identité de citoyens de l'Ontario.
Le personnage lui dit de se rendre dans une institution bancaire pour demander des cartes de débit en fournissant aux employés des institutions les renseignements nécessaires.
« Le gang de rue était au courant qu'il y avait de l'argent dans les comptes de banque et que je pouvais procéder. Il ne me restait qu'à faire le retrait demandé et leur remettre l'argent à la sortie », a raconté Tremblay.
Le stratagème a été mis à jour à la suite d'un hasard. Une employée de la banque l'a reconnu et savait qu'il avait déjà été impliqué dans une fraude. Les policiers montréalais n'ont eu qu'à cueillir l'individu.
« J'ai remis mon téléphone cellulaire aux policiers. Toutes les informations des victimes s'y trouvaient », a ajouté Mario Tremblay, qui dit ne plus rien devoir à ses créanciers illégaux.
Si les fraudes ont été commises en avril 2014, ce n'est qu'en novembre 2015 que les accusations ont été portées, après un appel de Tremblay au service de police pour récupérer son cellulaire.
« Bizarrement, les accusations sont arrivées le lendemain. J'ai demandé à mon avocat de transférer mon dossier de Montréal à Chicoutimi et j'ai plaidé coupable à la première occasion (30 août 2016) », a-t-il précisé.
Dans sa décision, le juge Boudreault reconnaît que l'accusé s'est fait pénard depuis 33 mois, mais il ne peut occulter le fait qu'il a été un maillon important de la fraude.
« Vous n'étiez pas un enfant sous l'effet de la drogue. Vous étiez dans la cinquantaine lors des fraudes. En plus, les avertissements du passé n'ont pas eu les effets dissuasifs escomptés », a insisté le juge.
Car Tremblay possède des antécédents de vol, de fraude et de violence, pour des événements survenus entre 1984 et 2000.
« Vous constituez encore un risque, un danger pour la société. Je n'ai pas le choix d'imposer une peine de détention », a conclu le juge Boudreault.