À la vue du photographe, Bruno Bouchard y est allé de deux doigts d’honneur, avant de relever son t-shirt sur sa tête en demandant s’il voulait voir ses abdos, qu’il a exhibés volontairement.

Cinq chefs contre l’homme barricadé

Le Jonquiérois Bruno Bouchard, le barricadé de la rue Saint-Dominique à Jonquière, fait face à cinq chefs d’accusation en lien avec la possession d’armes à feu, la possession de stupéfiants dans le but d’en faire le trafic et de méfait public.

L’individu de 36 ans a comparu jeudi matin devant le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec. Le client de Me Justine Guay-Langevin est apparu assez nerveux. À plusieurs reprises, il a voulu s’adresser à son avocate pour clarifier des éléments en lien avec les accusations.

Me Sabrina Tremblay, de la Couronne, a remis une preuve partielle à la défense, en précisant que le travail des enquêteurs se poursuit encore. 

En ce qui a trait à l’accusation de méfait public, elle fait référence au fait que Bruno Bouchard a accaparé et mobilisé les services des policiers durant plus de 16 heures.

L’enquête de remise en liberté pourrait se dérouler le mardi 27 mars.

« Monsieur est fébrile. Il y a eu le dépôt d’accusations qui sont relativement importantes aujourd’hui (jeudi). Il faut que les choses soient bien expliquées. Vous avez pu voir qu’il y a eu des modifications aux chefs d’accusation, ce qui a amené les interventions », a mentionné Me Guay-Langevin.

« De plus, les dernières journées ont été éprouvantes et épuisantes pour mon client », a ajouté la criminaliste. 

Cette dernière ne sait pas encore si de nouvelles accusations seront déposées.

Bouchard a tenu un siège durant 16 heures de mardi à mercredi, obligeant les policiers de Saguenay, de la Sûreté du Québec et du Groupe tactique d’intervention (GTI) à faire le guet et à protéger la sécurité des citoyens.

L’accusé a aussi laissé voir qu’il ne voudrait pas perdre les acquis obtenus dans ses études. Il est inscrit au Centre de formation professionnelle en équipement motorisé. 

Juste avant de comparaître au tribunal, Bouchard a été amené au local pour la prise des empreintes digitales.

À la vue du photographe, il y est allé de deux doigts d’honneur, avant de relever son t-shirt sur sa tête en demandant s’il voulait voir ses abdos, qu’il a exhibés volontairement.

Détresse

Les problèmes de Bruno Bouchard ont débuté publiquement le mardi 20 mars. En début de soirée, la période de désorganisation s’est transportée jusqu’à la centrale policière de Saguenay. 

L’accusé a lui-même communiqué avec le 911 pour dire aux répartiteurs qu’il ne filait pas et qu’il était mêlé.

Les policiers se sont rendus rapidement sur la rue Saint-Dominique, à Jonquière, tout juste à côté du Patro, afin de vérifier ce qui pouvait s’y passer.

Bouchard semblait en psychose, en détresse et en colère en raison d’une histoire de triangle amoureux.

Il a commencé à émettre ses commentaires en direct sur Facebook. Les propos n’étaient pas toujours cohérents.

Les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) n’ont eu d’autres choix que d’encercler le secteur et d’établir un périmètre de sécurité. L’homme était menaçant envers les forces constabulaires.

Vers minuit, les policiers de la Sûreté du Québec et du GTI ont pris la relève en raison de la dangerosité de la situation, surtout que l’homme pouvait être armé.

En début de matinée, le robot policier s’est rendu au logement pour remettre un cellulaire au forcené afin de maintenir la communication avec les négociateurs.

Et à 10 h 14, Bruno Bouchard est sorti les bras dans les airs et n’a offert aucune résistance à son arrestation après 16 heures de siège.

Antécédents

Le client de Me Guay-Langevin n’en est pas à ses premières frasques devant la justice. Il avait été condamné à quatre années de pénitencier en 2007 pour une série de 64 dossiers criminels. Il lui avait alors été interdit de posséder des armes à feu. 

Le Jonquiérois s’est caché le visage avec son t-shirt, exhibant par le fait même ses abdos.