Cinq ans pour inceste

Un homme originaire du Haut-du-Lac devra purger une peine de cinq ans de pénitencier pour avoir agressé sexuellement à des époques différentes sa fille et sa petite-fille alors qu’elles étaient toutes deux mineures. L’homme sera ajouté au Registre des délinquants sexuels à perpétuité.

Au total, le septuagénaire est reconnu coupable de huit chefs d’accusation, notamment d’agression sexuelle, d’inceste, de voies de fait causant des lésions corporelles et de grossière indécence. Le juge Michel Boudreault a rendu sa décision lundi après-midi au palais de justice de Roberval.

Le tribunal a souligné que l’individu avait utilisé diverses stratégies, comme l’obtention de la pilule anticonceptionnelle pour sa fille qui venait d’avoir ses règles, afin de pouvoir continuer à entretenir des relations sexuelles avec elle.

Une enfance et une adolescence brisées

Le juge Boudreault a indiqué que les gestes de l’homme étaient « planifiés et prémédités » et que ce dernier « a obtenu ce qu’il voulait par la manigance ». 

Les premiers faits reprochés remontent au début des années 1970 et se sont poursuivis jusqu’au milieu des années 1980, puis l’homme a récidivé avec sa petite-fille en 2011. 

« Ses comportements envers sa fille durant une partie de son enfance et toute son adolescence auraient dû le pousser à consulter. Pourtant, il a récidivé avec sa petite-fille », a déploré Michel Boudreault. Ce dernier a ajouté que « la peine doit envoyer un message clair à l’accusé et au public qui pourrait être tenté de tenir des gestes de cette nature ». 

La première victime avait huit ans lorsqu’elle a commencé à subir des attouchements sexuels de la part de son père qui se sont ensuite transformés en relations sexuelles complètes jusqu’à l’âge adulte.

Pour ce qui est de la seconde victime, il s’agit d’un seul événement. Son grand-père a tenté de l’embrasser avec la langue alors qu’elle était en visite chez lui avec ses parents.

Un homme méprisant et manipulateur

La procureure de la Couronne, Me Julie Villeneuve, a livré un vibrant plaidoyer en regardant l’accusé droit dans les yeux lui reprochant d’avoir abusé de sa position d’autorité et fait preuve de cruauté envers ses victimes. 

« On a affaire à un accusé qui a une absence totale de remords ou de regrets. […] Monsieur est un profileur expérimenté. Il a choisi ses victimes afin de les agresser sur une longue période », a fait valoir Me Villeneuve. 

Cette dernière a indiqué que l’homme avait « un comportement méprisant alors que c’[était] lui l’agresseur ». 

L’avocate de la couronne demandait une peine minimale de six ans d’emprisonnement et maximale de sept ans.

Le juge Michel Boudreault
L’avocat de la Défense, Me Michel Loranger

La Défense satisfaite

Pour sa part, l’avocat de la Défense, Me Michel Loranger, s’est dit satisfait de la décision du juge Boudreault. Me Loranger avait demandé à ce que son client soit emprisonné pour une durée de cinq ans.

« Il n’y a rien qui oblige un individu à reconnaître ses torts […] Les sentences ne doivent pas être vengeresses même si les infractions sont très graves », a précisé Me Michel Loranger. 

Le délinquant sexuel n’avait aucun antécédent judiciaire avant ces récentes accusations. 

Par mesure de protection des victimes, son nom ne doit pas être divulgué.