Christopher Ouellet a été amené au Palais de justice de Chicoutimi. Il est passé au département des empreintes avant d’être amené en salle d’audience.

Christopher Ouellet accusé de tentative de meurtre

Christopher Ouellet, qui aurait tiré un coup de feu en direction d’un jeune homme, le blessant à l’abdomen et frôlant son cœur avec la balle, fait face à des accusations importantes de tentative de meurtre et de destruction de preuve. Au total, sept chefs d’accusation ont été déposés.

Le jeune homme de 20 ans de la rue Goya, à Jonquière, a comparu jeudi matin devant la juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec. Le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) s’est opposé à la remise en liberté de l’individu.

Ouellet, dont les intérêts sont représentés par Me Julien Boulianne, est accusé d’avoir tenté de causer la mort à l’aide d’une arme à feu, d’avoir eu l’intention de mutiler ou de blesser une personne volontairement et d’avoir volontairement tenté d’entraver ou de contrecarrer le cours de la justice en détruisant un élément de preuve. 

Il est aussi accusé d’avoir braqué une arme à feu sur la victime, d’avoir eu en sa possession une arme dans un dessein dangereux, d’avoir eu en sa possession une arme sans être titulaire du permis et d’avoir proféré des menaces de mort à la victime.

Les événements, encore nébuleux, se sont produits mardi soir lorsqu’un jeune homme blessé par balle s’est présenté à l’hôpital de Jonquière. 

Deux individus ont déposé le blessé au centre hospitalier et se sont assurés que le personnel hospitalier le prendrait en charge, avant de s’éclipser. 

Devant le peu d’information en lien avec l’événement, le personnel de l’urgence a communiqué avec les policiers de Saguenay afin de tenter de résoudre le mystère.

Pour le moment, les détails de l’agression et les motifs de celle-ci ne sont pas connus.

Me Sébastien Vallée, du DPCP, a remis une preuve partielle à la défense, car l’enquête se poursuit toujours.

« Je ne ferai pas de commentaire sur la trame factuelle à ce stade-ci. Mais les éléments constitutifs de l’infraction de tentative de meurtre sont évidemment de poser un geste avec l’intention de tuer une autre personne. Il s’agit d’un chef d’accusation important et il repose sur cette preuve », a mentionné Me Vallée.

Le procureur de la Couronne n’a pu commenter l’accusation voulant que l’accusé ait voulu détruire un élément de preuve et n’a pu dire si l’arme avait été retrouvée étant donné que l’affaire est toujours sous enquête.

Les patrouilleurs de la Sécurité publique de Saguenay ont tenté de retrouver le présumé agresseur durant les heures qui ont suivi l’altercation, mais n’y sont pas parvenus. Ce n’est que mercredi que Ouellet a été épinglé. 

L’individu s’est présenté au Palais de justice de Chicoutimi afin de rencontrer son avocat. Il a ensuite été interrogé par les policiers.

Me Boulianne entend contester certaines des accusations. 

« Il est encore tôt pour me prononcer, car je viens à peine de prendre connaissance de l’ensemble de la preuve. Mais à la suite de discussions préliminaires avec mon client, nous avons l’intention de contester une bonne partie des accusations, notamment le chef de tentative de meurtre », note Me Boulianne.

Ce dernier ne connaît pas encore tous les détails entourant l’altercation survenue au domicile de l’accusé.

« Ce que l’on sait pour l’instant, c’est que trois individus se sont présentés chez mon client. Ils cherchaient un autre individu. Une bagarre a éclaté et un coup de feu a été tiré », a poursuivi le criminaliste.

Quant à l’objection de remise en liberté, Me Vallée l’a justifiée en précisant que Ouellet possède des antécédents au tribunal de la jeunesse et que les accusations déposées sont graves.

Pour sa part, Me Boulianne tiendra l’enquête de remise en liberté le mardi 13 février et entend réunir les garanties nécessaires pour obtenir une décision positive de la part du magistrat.

Me Boulianne reconnaît que la pente peut paraître difficile à surmonter pour obtenir la libération de l’accusé, mais il se dit confiant d’y parvenir.

« Les accusations sont graves à l’heure actuelle. Mais mon client a collaboré à l’enquête avec les policiers et il s’est livré lui-même à la police. Je crois offrir des garanties solides et j’ai bon espoir d’obtenir sa liberté », a ajouté Me Boulianne.

L’article 239 du Code criminel canadien prévoit que si l’accusé devait être reconnu coupable, il s’exposerait à une peine de détention à perpétuité.

Le père de la victime présent en cour

De nombreuses connaissances de l’accusé ont pris place dans la salle d’audience pour la comparution de Ouellet, qui a duré moins de trois minutes.

Le père de la victime était également présent. 

Sans faire de commentaires officiels, il a dit vouloir voir l’accusé. Il ne croit pas que son fils le connaissait.

Il a ensuite mentionné que son garçon se trouve toujours aux soins intensifs et qu’il devrait demeurer à l’hôpital encore quelques semaines.

Quant à l’état de santé du jeune homme, il est stable, même si la balle a frôlé son cœur et percé son diaphragme.

Preuve partielle

Me Sébastien Vallée a remis la preuve qu’il détenait à son collègue de la défense. Il a précisé que celle-ci était partielle et que d’autres éléments de la preuve devraient être remis éventuellement devant le tribunal.