Richard-Yves Chassé poursuit la police, le DPCP et le couple Michaud-Dorval pour 85 000 $. Les accusations criminelles auraient notamment nui à sa réputation et à ses activités de chasse.

Chassé réclame 85 000$

L’affaire du chien Goliath, abattu à Saint-Honoré en 2013, n’est pas terminée. Acquitté d’avoir tué volontairement le bouledogue américain, Richard-Yves Chassé poursuit maintenant le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), la Sûreté du Québec (SQ) et le couple Michaud-Dorval, propriétaire du chien, pour un montant de 85 000 $.

L’homme estime que les accusations criminelles ont nui à sa réputation et à ses activités de chasse. Richard-Yves Chassé a été privé de ses six armes à feu pendant plus de trois ans, le temps des procédures.

Il a retrouvé le droit de chasser et ses armes. Mais il a dû se présenter en cour en 2017 pour retrouver le droit de posséder un revolver de calibre .38, une arme prohibée, mais que les gens peuvent conserver si elle a été achetée avant 1998, avec un statut de collectionneur.

Chassé prétend également que sa réputation a été entachée « jusqu’en France ».

« Les médias d’ici et d’ailleurs en ont en parlé. Les gens, sur les réseaux sociaux notamment, m’ont traité de tueur de chiens. Ils incitaient les gens à faire du vandalisme chez moi. Une personne est même venue installer devant ma maison une affiche avec le mot assassin écrit dessus », raconte M. Chassé, qui compte bien présenter ses preuves devant le tribunal.

Ce dernier n’a pas voulu s’avancer sur ses arguments à l’endroit du travail du DPCP et des policiers, mais en entrevue, il a mentionné une « faute grave ». L’homme de Saint-Honoré, rappelons-le, a été accusé d’utilisation négligente d’une arme à feu, de l’avoir mal entreposée, d’avoir abattu volontairement un chien et de lui avoir fait subir des souffrances et des douleurs sans nécessité.

« Vous comprendrez que je garde pour moi mon argumentation et mes preuves pour le moment », répond-il, sans donner plus de détails.

Le couple Michaud-Dorval avait également poursuivi Chassé au civil pour avoir abattu leur chien. Mais il semblerait que la poursuite ait été abandonnée par ces derniers. La complexité des procédures pourrait avoir découragé les propriétaires de Goliath.

Cette famille de Saint-Honoré a toujours clamé que leur voisin avait tué Goliath de dos et non de devant comme il l’a soutenu pendant son procès. Selon sa version, il avait tiré sur le chien avec sa carabine, car la bête l’aurait attaqué. Celle-ci, confirmée par le vétérinaire expert Yves Dubord qui a affirmé que la balle était entrée par le museau et non par l’arrière de la tête, comme une autre vétérinaire l’avait dit, a suffi pour soulever le doute raisonnable du juge Richard P. Daoust.

Cette poursuite au civil de M. Chassé a été déposée en 2016, mais elle avait été mise en suspend. Elle a été récemment activée. Les parties ont prévu une audience pour l’automne prochain, au palais de justice de Chicoutimi.