Chantale Cyr.

Chantale Cyr: demande camouflée et convocation secrète

Une demande d’accès à l’information camouflée sous une pile de documents dans un bureau et une convocation secrète d’une réunion du conseil des commissaires de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ont marqué la journée d’audiences du Tribunal administratif du travail dans le dossier pour plainte en harcèlement et congédiement illégal de Chantale Cyr, jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Pour cette troisième journée d’audiences de la semaine, le juge Guy Roy a entendu Sandra Lapointe, secrétaire de gestion à la commission scolaire, dont l’une des tâches consistait à rédiger les rapports mensuels de reddition de compte de certains cadres, sous la direction de Sarah Tremblay et de Vicky Fillion.

En novembre 2017, alors que l’organisme est dans la tourmente, une demande d’accès à l’information est déposée auprès de la direction par l’ex-journaliste Véronique Dubé afin d’obtenir le rapport des frais de déplacement de Chantale Cyr. Selon son témoignage, sa supérieure étant en congé de maladie, Hélène Aubin, responsable des communications, s’immisce dans le dossier et lui demande de cacher la demande déposée. « Je ne comprenais pas trop pourquoi. En principe, elle n’avait pas accès à ça. Je les ai cachées dans mon bureau sous une pile dans une armoire. La demande de Mme Dubé concernait une entente, des cartes-cadeaux », témoigne-t-elle.

Selon ses propos, Mme Aubin lui « jouait dans la tête » en lui affirmant qu’il fallait se cacher et ne pas faire confiance à personne, d’autant plus que les enquêteurs du ministère étaient au siège social. En raison des délais qui couraient, le dossier a été transmis à sa supérieure, Geneviève Gilbert, après trois semaines, soit après le départ pour congé de maladie de Mme Aubin.

Mme Lapointe relate que le climat de suspicion entretenu par Mme Aubin allait jusqu’à laisser croire que des caméras de surveillance avaient été installées dans les plafonds des bureaux et que les ordinateurs étaient dotés de systèmes d’espionnage.

Soupçonnant que son ordinateur était sous surveillance à la suite d’une communication avec Martin Deschênes, elle a appris par la suite que ce dernier avait accès aux courriels de Mme Cyr pendant le congé de maladie de cette dernière.

Un autre élément du témoignage de Mme Lapointe concerne une demande qui lui a été faite par France Gagné, vice-présidente du conseil des commissaires en septembre 2017, afin de savoir si elle était obligée de rapporter à quelqu’un toute demande d’accomplissement de tâches. Me Éric Lebel a interrogé le témoin sur une demande de convocation secrète d’une réunion du conseil des commissaires pour le 20 septembre 2017. Sarah Tremblay, secrétaire générale, et Chantale Cyr, directrice générale, devaient être tenues à l’écart.

Selon les informations transmises par Me Lebel, l’objectif de cette réunion secrète était de procéder à la modification de la délégation de pouvoir de Mme Cyr afin de lui enlever toute possibilité de poursuivre son travail. Me Lebel a mentionné qu’il s’agit d’un élément crucial dans la plainte en harcèlement déposée par sa cliente.

Un peu plus tôt, le tribunal a entendu le témoignage de Régis Lavoie, directeur adjoint affecté à l’école des Grandes-Marées, de La Baie, à la suite du départ de Michelle David. Il a été beaucoup question des ajustements de salaire qui le touchaient.

M. Lavoie a mentionné que le climat de travail à cette école était difficile en raison de la difficulté des gestionnaires à faire passer leurs idées au sein du personnel enseignant et du fait qu’il s’agit d’un milieu qui mérite d’être encadré et soutenu afin de rehausser le niveau de confiance. Il a affirmé que certains gestionnaires œuvrent dans la peur du fait que quatre personnes ont été assignées à demeurer à la maison dans le passé.