Six personnes se retrouvent à la rue après le violent incendie qui a ravagé un immeuble à logements de la rue Price, dans la nuit de mardi à mercredi à Alma.

«C'est un survivant»

« C'est un survivant », dit l'Almatoise Andrée Girard à propos de son conjoint Mario Fleury, et celui-ci l'est même deux fois plutôt qu'une. L'homme au coeur mécanique s'est échappé de son immeuble à logements en flammes avec quatre autres personnes dans la nuit de mardi à mercredi, une opération plus compliquée avec son matériel médical.
L'enquête du Service de la prévention des incendies d'Alma et de la Sûreté du Québec est toujours en cours. Des caméras de surveillance installées par le propriétaire sur son garage pourraient faciliter leur travail. La cause du violent brasier est pour l'instant inconnue. Toutes les pistes sont évaluées, l'acte criminel comme l'accident. Le feu s'est déclenché vers 3 h du matin au 495, rue Price. Les pompiers ont reçu l'alerte vers 4 h. Les cinq locataires présents ont été conduits à l'hôpital. Deux ont eu besoin de soins plus élaborés.
Les cinq locataires présents ont été conduits à l'hôpital. Deux ont eu besoin de soins plus élaborés.
Toutes les pistes sont évaluées, l'acte criminel comme l'accident.
« On s'est réveillés après avoir entendu du bruit, comme s'il y avait une bagarre, raconte le couple qui habitait au rez-de-chaussée depuis seulement une semaine. On a vu qu'il y avait de la boucane dehors et on a voulu aller voir. On s'est aperçu que c'était ici que ça brûlait. C'est notre voisin qui nous a réveillés en sautant de sa fenêtre au deuxième étage. C'est ce qui nous a sauvés, parce que personne dehors n'est venu cogner et notre système d'alarme a sonné beaucoup plus tard. »
Le voisin en question souffrait beaucoup à l'arrivée des pompiers, mais on ne craint pas pour sa vie selon la Sûreté du Québec (SQ). Un autre chambreur a été évacué en échelle. Les trois autres sont sortis par leurs propres moyens.
« Je réalise seulement maintenant que j'aurais pu le perdre », avoue Andrée Girard, ébranlée, en pensant à son conjoint. M. Fleury est en rémission d'un cancer. Les traitements de chimiothérapie ont détruit son coeur, qui bat grâce à des impulsions électriques. Il doit toujours être connecté à une batterie. Chez lui, il dispose d'un fil de 15 pieds pour se déplacer autour de la charge. Il est difficile de trouver un appartement qui répond à ses besoins à cette période de l'année.
« On a réussi à sortir avec le chariot, mais il nous manque le sac imperméable pour prendre une douche. On attend les pompiers pour voir si on peut le récupérer, sinon il va falloir aller en chercher un à l'hôpital à Québec », poursuit le couple, qui bénéficie d'une assurance pour leurs biens. Ce n'est cependant pas le cas des autres locataires éprouvés.
L'Almatois Mario Fleury, en rémission d'un cancer, a eu de la difficulté à s'échapper de son immeuble en flammes en raison de son matériel médical pour son coeur mécanique.
La scène était désolante lors du passage du Quotidien mercredi après-midi. Des débris et des cendres s'envolaient vers la rue en raison des vents. Des patrouilleurs de la SQ faisaient le guet.
« Lorsqu'on a reçu l'appel, on a immédiatement mobilisé les équipes requises, relate le directeur du service incendie Bernard Dallaire. On devait faire face à un incendie éclaté. Les trois étages étaient touchés d'un côté. Quand on a confirmé que tout le monde était évacué, on a pu mettre toute notre énergie à combattre les flammes. Ce n'était pas facile, car le bâtiment est plutôt vieux et des feux étaient cachés partout dans les murs pleins de bran de scie. »
Les pompiers ont pu quitter les lieux vers 7 h 30 mercredi. Il devrait avoir des développements dans l'enquête jeudi ou d'ici quelques jours.