Le nouveau-né de Marie-Pier Normand-Lejeune avait été retrouvé dans un sac jeté dans la poubelle de l'appartement qu'elle occupait au coeur de la municipalité de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

Bébé à la poubelle: un procès devant jury le 5 septembre

Marie-Pier Normand-Lejeune, cette jeune femme de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix qui aurait jeté son enfant naissant à la poubelle, subira son procès devant un juge de la Cour supérieure du Québec et un jury à compter du 5 septembre 2017.
Marie-Pier Normand Lejeune, 22 ans, est accusée du meurtre au deuxième degré de son bébé.
Le juge Raymond W. Pronovost a fixé la date, mercredi après-midi, au Palais de justice d'Alma.
Le magistrat, qui coordonne les activités de la Cour supérieure du Québec pour l'est de la province, a confirmé que la sélection des 12 jurés se fera à compter du 5 septembre.
La femme de 24 ans, qui n'était pas présente aux assises criminelles d'Alma, est accusée de meurtre au deuxième degré de l'enfant qu'elle venait de mettre au monde. Elle est aussi accusée de suppression de part et d'outrage à un cadavre. Elle s'expose à une peine de prison à perpétuité. 
Triste histoire
Le 23 février 2015, peu de temps après avoir donné naissance à l'enfant, Normand-Lejeune aurait placé le corps du bébé, qui respirait, dans un sac à poubelle et aurait demandé à son conjoint de jeter le sac dans la poubelle à leur appartement de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, au Lac-Saint-Jean.
« Nous pouvons prévoir trois semaines de procès », a laissé entendre le juge Pronovost.
Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Xavier-Jean Gagnon, de l'Aide juridique, ont mentionné que les trois semaines du procès comprendront les journées pour la sélection du jury et aussi celles servant à débattre des points de droit.
En prison
La femme est détenue depuis les événements, soit depuis plus de 25 mois. Une expertise psychiatrique a été effectuée et les parties concernées attendent les conclusions.
« Nous sommes toujours en attente de cette expertise dans le dossier. Celle-ci devrait être disponible en avril », a indiqué Me Ouellet.
Les conclusions de cette expertise pourraient jouer pour beaucoup dans la suite des événements. 
Il faut savoir que la défense aimerait bien transformer l'accusation de meurtre au deuxième degré à un infanticide, car la peine d'emprisonnement est beaucoup moins sévère. Il est question de cinq années de pénitencier.
Au moment d'entreprendre le procès, Marie-Pier Normand-Lejeune aurait déjà passé plus de 30 mois en détention, ce qui pourrait signifier un total de 45 mois en tenant compte de la détention préventive (1 jour de détention = 1,5 jour). Elle aurait pratiquement droit à une libération conditionnelle.
La Couronne et la défense pourraient entreprendre des discussions sur la possibilité de régler le dossier avant le début du procès. Mais il risque de couler encore beaucoup d'eau sous les ponts avant d'en arriver à une décision finale à cet effet.
Viable 
Selon les informations livrées dans les jours qui ont suivi l'événement, il aurait été démontré que le bébé était vivant et viable au moment des faits. 
Le 23 février, les policiers de la Sûreté du Québec se sont rendus à l'appartement de la jeune femme et ont fait la macabre découverte à proximité de la résidence.
Dans les jours suivants, son conjoint avait laissé entendre qu'il n'était pas au courant de la grossesse de Normand-Lejeune et que celle-ci avait peut-être noyé le bébé, lors d'une entrevue accordée à la télévision.
Quelques mois après les tristes événements, l'homme, qui n'a jamais été accusé, s'est enlevé la vie.
Après quelques étapes judiciaires et un transfert à l'Institut Pinel de Montréal, Marie-Pier Normand-Lejeune est revenue au Palais de justice d'Alma, en novembre 2016, afin d'y subir son enquête préliminaire.
La défense a ainsi pu tester la qualité de la preuve dans cette affaire. Après quelques jours d'enquête, le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a cité la femme à procès.
Celle-ci a alors opté pour un juge et un jury.