Palais de justice de Chicoutimi.

Battu pour une fellation

Un jeune homme de 21 ans a reconnu sa culpabilité à une grave accusation de voies de fait causant des lésions sur un quinquagénaire qui était en train de lui faire une fellation.

Les événements remontent au mois de mars 2017. L’accusé se retrouve dans un bar en compagnie d’amis. Le quatuor y consomme de l’alcool et des stupéfiants.

À la fin de la soirée, l’accusé (dont nous taisons le nom en raison d’une problématique de santé mentale) demande à la victime si elle peut la raccompagner chez lui. 

L’homme d’une cinquantaine d’années lui dit qu’il ne peut pas conduire étant donné qu’il se trouve en état d’ébriété et lui offre plutôt de se rendre chez lui.

« En route vers le domicile de l’homme, les gens ont acheté des consommations pour la maison. Sur place, ils ont pris de la cocaïne. Ils ont songé à appeler une escorte, mais ont renoncé au projet. Ils ont plutôt regardé des films pornographiques sur Internet. À la suite du visionnement, ils se sont retrouvés sous la douche et se sont caressés », explique Me Marianne Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

« Les deux hommes se sont ensuite retrouvés dans la chambre à coucher. Après s’être endormi, l’accusé s’est soudainement réveillé et a aperçu la victime en train de lui faire une fellation. L’accusé lui a dit “tu m’as agressé mon osti de tabarnak” et il s’est mis à le ruer de coups au visage », a-t-elle ajouté.

Le quinquagénaire a perdu connaissance et s’est réveillé à l’arrivée des policiers.

Car l’accusé est allé porter plainte aux agents disant avoir été victime d’une agression sexuelle. Les agents se sont retrouvés au domicile du présumé agresseur et l’ont trouvé au sol dans la chambre à coucher. 

Après analyse du dossier, aucune plainte n’a été retenue contre l’homme pour agression sexuelle, mais celle de voies de fait causant des lésions a été déposée au bureau du ministère public, qui a porté des plaintes.

Une année plus tard, la victime vit avec une plaque au visage et a perdu de la sensibilité du côté de la joue droite.

« Monsieur dit qu’il n’a jamais consenti à cet acte, alors que la victime prétend que l’accusé était consentant. Mon client admet les faits et reconnaît qu’il a utilisé une force excessive. Il a été pris de panique en voyant l’homme lui faire une fellation. Il n’avait jamais vécu d’expérience homosexuelle auparavant », de noter Me Luc Tourangeau, avocat en défense.

Ce dernier spécifie qu’il s’agit d’une situation particulière, étant donné que son client souffre d’une problématique physique et d’un léger retard intellectuel. Il vit chez ses parents.

Une peine sera déterminée le 6 avril après que le DPCP aura rencontré la victime au dossier et discuter d’une possible suggestion commune entre les parties.